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Le portrait

Sauvetage des migrants: Alain Ledaguenel, la méthode bouée

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Le président des sauveteurs en mer de Dunkerque, ancien pilote maritime, se retrouve en première ligne pour aller repêcher les exilés en détresse.

France, Dunkerque. 10 décembre 2021. Portrait d'Alain Ledaguenel, président de la société nationale de sauvetage en mer (SNSM) de Dunkerque. (Stephane Dubromel/Libération)
ParStéphanie Maurice
correspondante à Lille
Publié le 03/01/2022 à 17h55

C’est un gars de la marine, mais surtout pas nationale : il n’a pas le goût du militaire, ni de la musique qui marche au pas. Il aime le jazz qui chaloupe, qui improvise et se barre au loin. Alain Ledaguenel est le président de la Société nationale des sauveteurs en mer (SNSM) de Dunkerque. Des bénévoles, et il en est fier. Quand la mer est au calme, ses nuits ne sont pas tranquilles. «Un temps à migrants», comme on dit déjà sur la côte. Il sait qu’encore une fois, ses hommes vont aller au large repêcher des exilés, en détresse dans leurs barcasses de fortune. Ce vendredi matin de décembre, il a le cœur retourné : «Parmi les morts du 24 novembre, on a repéré une gamine qu’on avait sauvée dix jours avant.» Ledaguenel saisit son téléphone portable : au milieu des photos d’amis et de famille, elle est là, l’enfant, cheveux mi-longs noirs, regard doux.

On l’a entendu dans tous les journaux, sur toutes les radios, le bon client, avec son verbe haut, son indignation sincère et ses demandes de moyens supplémentaires à l’Etat. Il connaît la musique, sa deuxième femme, dont il est divorcé, est journaliste. Pas très grand – «Je ne m’en rends pas compte en Bretagne, mais à Dunkerque, ce sont tous des géants», dit-il avec humour –, solide sur ses pattes, habillé classique, mais avec des lunettes rouges, peti

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