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Reportage

Dans les Alpes-Maritimes, le modèle des obsèques en régie municipale : «On n’a pas à payer pour mourir»

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Trois communes du département proposent un service de l’inhumation ou de la crémation, à des tarifs bien moins élevés que ceux du privé. Un modèle encore ultra-minoritaire en France.

Avant 2016, et la création de sa régie municipale, Biot, commune de 10 000 habitants, n’avait aucun opérateur funéraire sur son territoire. (Laurent Carré/Libération)
ParMathilde Frénois
correspondante à Nice
Publié le 01/11/2025 à 9h36

La petite pièce n’est qu’un simple bureau de mairie, avec ses lampes blanches allumées les jours de pluie et son tableau de liège épinglant les documents non numérisés. Derrière l’écran d’ordinateur, on a posé une boîte de mouchoirs. «Au départ, les gens sourient en la voyant, dit Anne Le Roy. Et ils finissent toujours par s’en servir à l’évocation des souvenirs.» Cette fonctionnaire est conseillère funéraire. La ville de Valbonne (Alpes-Maritimes) enterre ses morts en régie municipale. Du choix du cercueil à la cérémonie au cimetière, les obsèques sont ici un service public. Un accompagnement sans objectif commercial, loin des dérives du marché privé des pompes funèbres dépeintes dans le livre-enquête les Charognards (Seuil), récemment publié. A Valbonne, 12 900 habitants, les administrés endeuillés prennent rendez-vous à l’hôtel de ville.

Anne Le Roy porte un blazer noir de circonstance et des talons carrés qui lui donnent une sacrée prestance. Ce jeudi d’octobre, elle est «prête à recevoir des familles» : «Je suis d’astreinte. A partir du moment où le médecin établit le certificat de décès, je prends en charge le défunt.» Dans son bureau de la

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