Ils viennent de Côte d’Ivoire, du Mali, du Congo ou encore de Guinée. Le plus jeune a 21 ans, le plus âgé 32. Certains sont timides, d’autres moins. Dans la salle de réunion de l’antenne départementale de la CGT à Saint-Brieuc, sept compagnes et compagnons ou ex-compagnons de la communauté Emmaüs des Côtes-d’Armor (présente sur quatre sites à Saint-Brieuc, Dinan et Lannion) se sont installés ce 15 décembre. «On ne peut pas rester sans rien dire, attaque Amadou (les prénoms des compagnons ont été modifiés), le plus loquace de l’assemblée, quatre années à Emmaüs Saint-Brieuc au compteur. Les valeurs portées par la communauté, chez nous, elles sont tombées à l’eau.» Et les témoignages d’affluer, de plus en plus précis.
Il y a d’abord le froid, la chaleur, la nourriture périmée donnée pour préparer les repas, qu’«on m’accuse à tort de gaspiller», pointe Aya. Il y a aussi les semaines à rallonge, à se coltiner le port de charges lourdes sans pouvoir s’arrêter, même en étant malade et pris d’une intense rage de dents. Ou encore les remarques et comportements racistes – de «ils sont tous pareils» à une main qu’une bénévole refuse de serrer parce qu’elle est noire, raconte Amadou.
«T’es pas content, tu te casses»
Il y a enfin ces dossiers de régularisation qui n’en finissent pas de traîner alors qu’eux ont rejoint la communauté – qui nourrit, loge et blanchit la soixantaine de compagnons contre quarante heures de travail hebdomadaire et 300 euros de rétribution – dans l’espoir d’obtenir le




