«La décrue est déjà bien amorcée sur l’amont du fleuve de l’Hérault.» En début de matinée, ce mardi 23 décembre, Chantal Mauchet, la nouvelle préfète de l’Hérault, s’est voulue rassurante, alors que le département a fait face, au cours des deux derniers jours, à des précipitations intenses générant une montée importante des cours d’eau. Si la représentante de l’Etat, qui a pris ses fonctions lundi, espère une amélioration «en milieu de journée», la vigilance rouge crues est maintenue pour l’aval du fleuve, le tronçon amont et les autres principaux cours d’eau touchés étant désormais en vigilance jaune, alors que la vigilance orange pluie inondation a été levée, rétrogradée en jaune.
Au total, 30 à 50 mm sont tombés sur l’est du département en l’espace de douze heures, note la préfecture, coupant de nombreux axes routiers, recouverts par les eaux, et rendant les rues de plusieurs communes difficilement praticables. Des averses vont perdurer ce jour, mais «restent toutefois faibles et ne devraient pas avoir d’impacts significatifs», selon Vigicrues.
80 opérations des secours en vingt-quatre heures
«Nous n’avons heureusement pas de victimes à déplorer», a poursuivi Chantal Mauchet, estimant toutefois qu’«il faut qu’on continue de surveiller cela». En vingt-quatre heures, les centres d’appels des pompiers et du 112 ont reçu au total 1 700 appels, 80 opérations ont été effectuées, dont 47 sauvetages et mises en sécurité. Plusieurs communes ont ouvert des centres d’accueil pour les sinistrés. Dans la matinée, 1 150 abonnés d’Enedis restaient privés d’électricité et les conditions de circulation étaient toujours «extrêmement difficiles», selon la préfecture sur l’ensemble du réseau routier avec de nombreux axes toujours fermés.
Sur la commune d’Agde, le niveau du fleuve a atteint 3,55 m à 20 heures. Un tel plateau n’avait pas été observé depuis 1994. «On reste quand même très très vigilants parce que les pluies n’ont pas cessé, ni à Agde ni, plus important encore, sur le nord du département et que dans la semaine, il peut y avoir aussi d’autres épisodes pluvieux», pointe Sébastien Frey, le maire de la commune, interrogé par Ici Hérault, alors que fleuve a entamé une «décrue très lente», mais favorisé par un vent propice l’évacuation des eaux vers la mer.
«Mieux nous prémunir face aux risques»
La ville de Montpellier, qui venait tout juste d’inaugurer samedi sa cinquième ligne de tramway, a annoncé mardi matin un retour à la normale sur son réseau de transports en commun et une réouverture de l’ensemble de ses rues, à l’exception de deux d’entre elles, dont le quai de Pirée sur lequel le Lez a débordé aux pieds de l’hôtel de région. Les parcs, jardins, cimetières, le zoo de la ville ou encore le marché de Noël restent fermés.
La veille, les pluies diluviennes avaient fortement perturbé les circulations, mettant les trams à l’arrêt, et obligeant la ville à fermer plusieurs axes, dont son nouveau tunnel cyclable. «Nous venons de vivre un épisode méditerranéen majeur. En une semaine, il est tombé 360 mm de pluie, soit l’équivalent de la moitié des précipitations annuelles», a réagi Michaël Delafosse, le maire de la ville, sur les réseaux sociaux, notant que «les dégâts restent limités» et soulignant l’efficacité des digues et bassins de rétention pour contenir les eaux : «Notre territoire est historiquement vulnérable à ce type d’événements. Il est donc indispensable de poursuivre [c]es aménagements pour mieux nous prémunir face aux risques, tout comme de renforcer nos actions de sensibilisation.»
Sur X, Carole Delga, présidente de la région Occitanie, a exprimé son soutien aux habitantes et habitants concernés et souligné «l’importance d’adapter nos aménagements : gestion des eaux pluviales, protection des zones urbanisées, préservation des espaces naturels et limitation de l’imperméabilisation des sols», notant que les épisodes climatiques méditerranéens sont «appelés à s’intensifier» sur ce territoire.




