Sur la scène parée de dorures du théâtre du Châtelet, à Paris, un jeune danseur enchaîne les grands jetés. Il s’entraîne, appliqué, un casque filaire vissé sur les oreilles, comme si le monde autour de lui venait de disparaître, comme si rien d’autre ne comptait autant que la délicatesse de ses soubresauts. Oubliée la dizaine de ses congénères du Kyiv City Ballet en mouvement à ses côtés, oublié le tumulte de la salle où s’agitent ce mardi après-midi journalistes et sommités du milieu culturel parisien. Oubliée surtout, le temps de quelques pas chassés, l’Ukraine, son pays, qu’il a quitté au mois de février sans soupçonner qu’il n’y aurait pas de voyage retour. «Quand on est sur scène, on ne pense plus à la guerre», souffle à voix basse Nazar Korniichuk, 21 ans, un autre danseur de la compagnie. «Mais dès qu’on retourne en coulisses, la réalité nous rattrape. Rien ne sera jamais plus comme avant.»
Rayonnement culturel
«Danser n’a jamais été aussi sérieux»: le ballet de Kyiv accueilli au Théâtre du Châtelet
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Les danseurs du Kyiv City Ballet sont accueillis à Paris en résidence, «autant de temps que nécessaire», par le théâtre du Châtelet en collaboration avec le Théâtre de la Ville. Quelques heures avant leur première représentation, ils racontent leurs «peurs» mais aussi leur «fierté» de pouvoir participer à leur manière «au rayonnement de l’Ukraine».
Le danseur Vladislav Dobshinskiy, au Théâtre du Châtelet, le 8 mars. (Rémy Artiges/Libération)
Publié le 09/03/2022 à 16h09
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