Il n’aura fallu que deux minutes, même pas la cuisson d’un œuf à la coque, à peine cinq respirations profondes, pour que le journaliste reçoive deux messages privés d’hommes «prêts à coucher avec une femme endormie». Autrement dit, prêts à violer une femme. Dans la foulée du post de son annonce «J’ai un fantasme assez précis… Viens baiser ma femme endormie. Chut, elle ne doit pas se réveiller ????» sur le site de rencontres Jalf, photos générées avec IA à l’appui, le Québécois Hugo Meunier aura été contacté par 105 hommes en deux semaines, avant que son annonce et son profil ne soient bannis du site. Un an après le verdict du procès des viols de Mazan, au retentissement international, la barre de la centaine de sollicitations aura, elle, été franchie en seulement quarante-huit heures. De profils et d’âges divers, la plupart résidaient dans un rayon de quelques kilomètres.
J’aurais aimé être étonnée, tombée de ma chaise au visionnage de ce documentaire d’Urbania, mais je ne le suis pas. 70 000 hommes s’échangent des conseils de soumission chimique sur Telegram en Allemagne, des milliers d’autres partagent de




