Le banc de la partie reste désespérément vide au prononcé du verdict. Condamné à six ans de prison ferme pour viol en première instance par la Cour criminelle départementale de Loire-Atlantique en février 2024, Marty Guiheneuf a écopé en appel d’une peine de cinq ans, dont un an avec sursis probatoire, ce vendredi après-midi à Rennes. Trois ans avaient été requis par l’avocat général, assortis de cinq ans d’injonction de soins. Inaudible pour la victime, Soraya Rolland. Grand échalas, à la mine contrite, le jeune homme de 31 ans a opéré un revirement radical de sa stratégie de défense devant la cour d’assises. «Je reconnais les faits, je suis le coupable et madame Soraya Rolland est la victime.» S’il maintient avoir voulu cet appel pour l’aider «à se réparer», il concédera dès ses premiers mots vouloir «paye[r] le prix de cette souffrance à la juste mesure».
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Comparaissant détenu, l’accusé en a conscience, sa tentative d’inversion de la culpabilité, son agressivité, ont alourdi sa peine en première instance. Dans son arrêt de condamnation, la cour pointait «le positionnement inquiétant de l’accusé qui ne témoigne d’aucune évolution, et d’une absence d’empathie à l’égard de la victime». Ce jeudi et vendredi, il s’agissait donc pour les jurés de mesurer la sincérité de ses regrets, de dénouer l’utilitaire de l’authentique dans cette affaire de viol cruellement ordinaire.
«Je me suis fait avoir»
Ce soir du 14 janvier 2020, Soraya Rolland se rend à une soirée à Nantes. Elle con