Menu
Libération
Le portrait

Anne Bouillon, femmes, je vous plaide

Réservé aux abonnés

L’avocate médiatique, spécialiste en droit des femmes, ne défend que des victimes mais s’inquiète de la tendance actuelle à l’imprescriptibilité.

Anne Bouillon à Nantes, le 10 février 2021. (Remy Artiges/Libération)
ParChloé Pilorget-Rezzouk
photo Rémy Artiges
Publié le 02/05/2021 à 18h28

Harcèlement au travail, violences conjugales, agressions sexuelles… C’est le quotidien d’Anne Bouillon dans les allées du palais de justice de Nantes. Un vrai «festival», ironise-t-elle. On la retrouve un vendredi grisaille, au dernier jour d’un procès pour viol conjugal devant la cour criminelle de Loire-Atlantique. La pénaliste spécialisée en droits des femmes vient de plaider, mobilisant la Servante écarlate et l’hymne sud-américain El violador eres tú devant sa fille de 14 ans qui est venue la voir pour la première fois. Elle nous dit : «La possession du corps des femmes est l’aboutissement de la domination masculine. Le viol est une arme de réappropriation massive.»

La rencontre durera le temps du délibéré. Un luxe, tant cette grande brune à la chevelure sirène et aux yeux piscine est du genre tornade : des assises de Vannes à Monaco, un ouvrage en cours d’écriture sur ces destins féminins écornés qu’elle défend au quotidien, une intervention sur C Politique… L’avocate de la Fédération nationale solidarité femmes (FNSF) ne feint pas la modestie : «Faut que ça aille vite» ; «Je ne peux pas me contenter de peu» ; «J’aime bien l’idée d’être dans le match.» Sa sœur cadette, Florence, socio-anthropologue à Paris-VIII : «Elle fait mille choses à la fois et en une heure.» Revers de ce leadership très énergique ? «Quelques penchants autoritaires.» Malgré une surchauffe d’activité, Anne Bouillon a la cin

Pour aller plus loin :

Dans la même rubrique