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Cinq ans déjà

Après #MeToo, l’impact pour celles qui ont témoigné à visage découvert : «J’ai perdu énormément de proches»

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Dans le sillage du mouvement #MeToo, la critique de théâtre Marie Coquille-Chambel, la soprano Chloé Briot et l’actrice Charlotte Lewis ont témoigné de violences sexuelles à visage découvert. Elles reviennent aujourd’hui sur cette prise de parole qui a bouleversé leur vie.

Marie Coquille-Chambel, membre du collectif #MeTooThéâtre, Chloé Briot, lanceuse du #MeToo dans le monde de l'opéra, et Charlotte Lewis, actrice britannique, qui accuse Roman Polanski. (Cha Gonzalez et Manuel Vazquez/Libération)
Publié le 06/10/2022 à 17h20

Un droit de réponse de Nâzim Boudjenah nous est parvenu. Il figure à la fin de cet article.

Marie Coquille-Chambel a le regard de celles qui n’ont peur de rien. «C’est un sentiment complètement déréglé chez moi», confie la critique de théâtre de 24 ans. Elle l’a ressenti une dernière fois le 29 juin 2020. Ce soir-là, la jeune femme est blottie sous la couverture de son lit, seule dans le silence de son petit studio du VIe arrondissement parisien. La boule au ventre, elle écrit quelques lignes qui s’apprêtent à «faire basculer» sa vie. Il est exactement 21h44 quand elle publie ce message sur les réseaux sociaux : «Aujourd’hui j’ai été porter plainte contre un acteur de la Comédie Française pour : «violences habituelles sur une personne vulnérable n’ayant pas entraîné d’incapacité supérieure à huit jours».» Elle raconte les coups de poing, dévoile des photos des bleus sur ses genoux et de ses lèvres blessées.

En quelques heures, son histoire n’est plus seulement sienne. Son post est partagé plusieurs milliers de fois sur Twitter, et les articles de presse s’enchaînent. Chaque jour, sa boîte de réception déborde de messages. Des journalistes qui tentent de trouver l’identité de l’acteur qu’elle ne nomme pas, des militantes qui lui témoignent leur soutien, des victimes de violences venues lui confier leur histoire. Et, avec tout cela, les menaces et les insultes quasi quotidiennes : «Parfois, je craque. C’est d’une violence sans nom.»

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