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Reportage

Féminisme : la broderie de filles en aiguille

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De nouveau en vogue depuis les années 2010, cet artisanat suscite des canevas engagés, notamment sur Instagram. Une dynamique renforcée par les confinements.

L'une des créations de la brodeuse féministe Anne-Laure, présentée lors d'un atelier d'initiation à Paris fin mars. (Cha Gonzalez/Libération)
ParMarlène Thomas Decreusefond
photos Cha Gonzalez
Publié le 03/04/2021 à 13h26, mis à jour le 03/04/2021 à 20h47

Au départ, les mains sont fébriles, les gestes maladroits. Mais rapidement les aiguilles transpercent avec rythme et agilité le tissu, laissant apparaître point à point la mystérieuse broderie. Ce dimanche matin, six jeunes femmes sont réunies dans un appartement parisien en contrebas du Sacré-Cœur pour s’initier à cet artisanat. Anne-Laure, 33 ans, intervient chaque mois pour l’«Atelier en valise» dédié aux femmes artistes, par et pour les femmes. Par ailleurs professeure de yoga et employée d’un coffee shop, elle guide les premiers pas d’autres femmes dans cette pratique, qu’elle-même a adoptée voilà un an et demi. Une suite logique à ses divers «bidouillages créatifs» autour du textile, mêlés à son engagement féministe. «L’idée est de se réapproprier cet artisanat associé traditionnellement aux femmes nobles brodant dans un coin sans rien dire», explique-t-elle. Lancé en octobre, cet atelier est le projet de l’Argentine Aluminé Rosso, professeure d’art et de sémiotique, et commissaire d’expositions.

Anne-Laure présente ses ouvrages colorés avant de laisser libre cours à l’imagination des élèves, d’abord au crayon avant de passer à l’aiguille. «L’idée est de rester dans le thème du féminisme. Mais chacune a son propre engagement, vous n’êtes pas obligée d’écrire “cul” », lance-t-elle dans un éclat de rire en référence

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