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Décryptage

«Il faut interroger la place réelle de la parole de l’enfant» : les coulisses de la future commission d’enquête sur le traitement judiciaire des violences sexuelles incestueuses parentales

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Face aux critiques sur le traitement judiciaire de l’inceste parental, l’Assemblée nationale vient de créer une commission d’enquête pour examiner les mécanismes qui entravent la reconnaissance des crimes et mettent en danger enfants et parents protecteurs.

A Paris, lors d'une manifestation nationale a l'appel du Collectif enfantiste contre les violences faites aux enfants et aux adolescents, le 15 novembre. (Valerie Dubois/Hans Lucas. AFP)
Par
Romane Brisard
Publié le 28/01/2026 à 16h37

«C’était de l’inceste en rendez-vous obligatoire.» En 2021, Chloé (prénom d’emprunt) a 13 ans quand elle dénonce des viols que lui infligerait son géniteur – qui n’a pas souhaité répondre à Libération –, alors qu’elle réside chez lui dans le cadre d’une garde alternée. L’assistante sociale de son collège rédige un signalement, ce qui déclenche une procédure judiciaire. Quatre mois plus tard, la justice classe l’affaire et impose une visite mensuelle entre le père et sa fille. La mesure dure un an avant que Chloé ne soit enfin autorisée à choisir. Aujourd’hui âgée de 17 ans, elle accuse : «Dès mon audition policière, j’ai senti qu’on me suspectait de mentir.» Les faits remontant à plusieurs mois, le médecin légiste ne constate pas de traces de violences sexuelles. Le doute s’étend à la mère de Chloé, dont le parquet «craint le discours devant ses enfants à l’encontre de l’autre parent», selon les termes du jugement. Police, justice : malgré plusieurs grèves de la faim et tentatives de suicide, les remparts censés protéger Chloé s’effondrent.

Le cas de Chloé n’est pas isolé. Depuis cinq ans, le collectif Incesticide a recueilli près de 600 témoignages décrivant les mêmes dysfonctionnements :

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