Du violet dans les rues de France. Pointant des féminicides conjugaux en hausse et des «dysfonctionnements» persistants, les associations féministes appellent à manifester samedi 22 novembre, en amont de la journée internationale pour l’arrêt des violences faites aux femmes du 25 novembre, pour réclamer une politique «à la hauteur» sur le sujet. A Paris, le cortège partira à 14 heures de la place de la République à l’appel du collectif «grève féministe» qui réunit une soixantaine d’associations, syndicats et fédérations engagés sur la question des droits des femmes. Des rassemblements sont organisés dans des dizaines de villes en France : retrouvez les principaux rendez-vous en fin d’article.
«En France, des policiers sont accusés de viol dans un dépôt de palais de justice, le nombre de féminicides conjugaux augmente, et on n’a toujours pas de plan détaillé de lutte contre les violences sexistes et sexuelles dans les universités, liste Suzy Rojtman, porte-parole du Collectif national pour les droits des femmes. On baisse les subventions des associations, on rechigne à prévenir les violences au travail et à prendre en charge leurs conséquences.»
Huit ans après l’accession à l’Elysée d’Emmanuel Macron, les associations féministes ne mâchent pas leurs mots contre la politique menée par le chef de l’Etat. Ce dernier s’était engagé à faire de la lutte contre les violences faites aux femmes la grande cause de son premier quinquennat, une promesse réitérée au début de son deuxième mandat en 2022.
Une grande cause «mal dotée» financièrement
Sous sa présidence, la ligne d’écoute associative 3919 destinée aux femmes victimes de violence a bénéficié d’un soutien financier accru, des dispositifs de protection (téléphones «grave danger», bracelets antirapprochement…) ont été déployés. Une aide universelle d’urgence, conçue pour aider les victimes de violences conjugales à quitter leur domicile, a également été mise en place. Mais ces actions sont jugées insuffisantes et plusieurs rapports (Cour des comptes, Sénat, Assemblée nationale…) ont épinglé «une cause mal dotée» financièrement et déploré les montants «dérisoires» dédiés.
Sur le plan pénal, les associations féministes déplorent des plaintes pour violences encore trop souvent classées sans suite, «l’impunité des agresseurs» et dénoncent des «dysfonctionnements persistants». Les derniers chiffres officiels font état d’un nombre de féminicides conjugaux en hausse de 11 % entre 2023 et 2024 avec 107 femmes tuées par leur conjoint ou ex-conjoint. «Toutes les sept heures en France il y a une femme que son conjoint ou ex-conjoint tue, tente de tuer, conduit à se suicider ou à tenter de se suicider», résume la mission interministérielle pour la protection des femmes dans son rapport annuel 2024 publié jeudi.
«La disparité entre le discours qui est tenu publiquement et la réalité de terrain est effarante, estime Jodie Coste de l’Union nationale des familles de féminicides. Aujourd’hui, l’indicible se passe tous les jours, on n’est plus là à l’heure d’avertir, il faut absolument agir.»
Les principaux rassemblements samedi
Paris : 14 heures place de la République
Marseille : 14 heures gare Saint-Charles
Lyon : 14 heures place Bellecour
Toulouse : 14 heures place Jeanne-d’Arc
Nice : à 14 heures place Massena
Montpellier : 14 heures place Albert 1er
Bordeaux : 13 h 30 place de la Victoire
Lille : 14 heures Grand Place
Certains rassemblements se tiennent mardi 25 novembre. C’est notamment le cas à Nantes (18h30, place Delorme) et à Strasbourg (18 heures, place du Dauphiné).




