«Je me permets de vous écrire pour vous demander la date du prochain “voyage” que vous organisez en Angleterre, car j’aimerais subir une interruption de grossesse.» L’espace-temps se contracte. Seuls la mention de l’Angleterre et le désuet papier à lettres permettent de replacer ce courrier envoyé au Planning familial par une jeune fille dans son contexte historique : 1980. Le délai légal pour avorter est alors limité à dix semaines, sans remboursement et avec autorisation parentale obligatoire (aujourd’hui la présence d’un adulte de confiance suffit). Un an après le renversement de l’arrêt Roe v. Wade aux Etats-Unis, qui a plongé (de nouveau) des millions d’Américaines dans la clandestinité, ces mots résonnent avec force pour Miranda Sachs. Historienne de la France à l’Université d’Etat du Texas, cette Américaine a traversé l’Atlantique pour consulter durant une semaine le fonds documentaire du Planning familial, conservé au Centre des archives du féminisme (CAF). Abrité au sein de la bibliothèque universitaire d’Angers, il sera le point de départ d’un futur musée des féminismes, dont l’ouverture est prévue en 2027 au cœur de cette BU de Belle-Beille.
Reportage
Musée des féminismes à Angers : l’histoire remise à meuf
Réservé aux abonnés
Sur les 3 000 musées français, aucun n’est dédié à l’histoire des femmes. Au sein de la bibliothèque de l’Université d’Angers, un projet, porté par l’association Afémuse avec l’aide du Centre des archives du féminisme, devrait voir le jour d’ici à 2027.
«Mme Maria Vérone à la tribune» (1910), huile sur toile de Léon Fauret. (Huile sur toile /Centre des Archives du féminisme.BU d’Angers)
Publié le 08/08/2023 à 17h38
Pour aller plus loin :
Dans la même rubrique
Nos newsletters

Alerte Libé
Les alertes, infos et enquêtes Libé à ne pas manquer

Libé Matin
Le brief matinal idéal pour bien commencer la journée

Opinions
Les billets, éditos, tribunes ou chroniques qui font débat

Toutes nos newsletters
Actualité, politique, lifestyle... découvrez toutes nos newsletters

Les plus lus