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«Pas de véritable baisse» : avec 50 000 féminicides dans le monde en 2024, l’ONU dénonce une stagnation

Dans un rapport publié lundi 24 novembre, les Nations unies déplorent l’absence de «véritables progrès» dans la lutte contre les féminicides.

Avis de passage de la police, devant l'appartement où Jessica a été a été battue, étranglée et poignardée par son mari devant ses quatre enfants le 29 juin. Avignon, le 30 juin 2025. (Patrick Gherdoussi/Libération)
Publié le 25/11/2025 à 11h41

Le domicile est encore le lieu le plus dangereux qui soit pour les femmes. En 2024 dans le monde, 50 000 femmes et filles ont été tuées par un proche, soit un meurtre ou assassinat toutes les dix minutes ou 137 par jour, ont déploré dans un rapport l’ONU Femmes et de l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime, publié à l’occasion de la Journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes.

Si cette estimation – qui repose sur l’analyse de statistiques dans 117 pays – est inférieure à celle de 2023 (51 100), ce «changement ne suggère pas une véritable baisse», remarque le rapport. La diminution observée s’explique surtout par le manque de données disponibles de certains pays, estiment les deux agences onusiennes. Pour elles, les chiffres «demeurent inchangés, et ce, malgré des années d’engagements pris à l’échelle mondiale».

L’impact nouveau des violences en ligne

Si les femmes ont représenté 20 % des victimes d’homicides dans le monde en 2024, 60 % d’entre elles ont été tuées dans la sphère privée, contre seulement 11 % pour les meurtres visant des hommes ont été commis dans ce même contexte. Même si aucune région n’est épargnée, le plus grand nombre de victimes de féminicides par un proche a été une nouvelle fois enregistré sur le continent africain (environ 22 000).

«Les féminicides ne viennent pas de nulle part. Ils s’inscrivent souvent dans un cycle de violences qui peut débuter par un contrôle coercitif, des menaces et du harcèlement, y compris en ligne», a commenté la directrice de la division des politiques d’ONU Femmes, Sarah Hendriks. Le rapport souligne en effet que le développement de certaines technologies a exacerbé voire créé de nouveaux types de violences contre les femmes, comme la divulgation d’images et données personnelles ainsi que la publication de vidéos «deepfakes» générées par intelligence artificielle.

«La cyberviolence ne se limite pas au cyberespace. Elle peut dégénérer hors ligne et, dans le pire des cas, contribuer à des dommages mortels, jusqu’au féminicide […] Pour prévenir ces meurtres, il est essentiel d’adopter des lois qui reconnaissent les différentes formes de violence vécues par les femmes et les filles, en ligne comme hors ligne, et qui contraignent les auteurs à répondre de leurs actes avant qu’ils ne deviennent meurtriers», a insisté Sarah Hendriks.

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