Elle a commencé à écrire «sur un coup de tête». Vendredi, Juliette, 20 ans, étudiante en deuxième année à l’institut d’études politiques (IEP) de Toulouse, a pris son ordinateur et s’est adressée à son violeur : «Tu m’as violée. Je dormais et t’as continué. […] Tu m’as violée, violée et encore violée.» Les rites humiliants d’intégration, la «peur des représailles» des étudiants qui refuseraient de s’y soumettre, et puis finalement un viol, des viols, par un étudiant plus âgé qui la menaçait. «J’ai peur que tu violes à nouveau» : Juliette balance tout ce qu’elle a enfoui en elle depuis près de deux ans et demi. Toujours instinctivement, elle publie dans la foulée son témoignage sur un groupe Facebook inter IEP qui rassemble plus de 19 000 étudiants et anciens. «Ça m’a soulagée, je me suis dit que maintenant je n’étais plus la seule à porter ce poids. Désormais, c’est l’affaire de tous», confie-t-elle à Libération.
Des milliers de témoignages
Depuis dimanche soir, les témoignages se multiplient sur les réseaux sociaux. Des milliers ont été postés sur Twitter avec le #SciencesPorcs. Juliette a accepté qu’Anna Toumazoff, activiste féministe elle aussi passée par Sciences-Po Toulouse, diffuse sa lettre sur son compte Instagram, suivi par près de 129 000 personnes. «J’ai ensuite invité les étudiants d’IEP victimes de viols ou d’agressions sexuelles à témoigner. Très vite, la dynamique s’est enclenchée et j’ai reçu des centaines de messages», assure celle qui ét




