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Bras de fer

A Paris, les animateurs des écoles passent en grève «illimitée» mais changent de modalité

Le mouvement vise à obtenir des recrutements de titulaires dans ce secteur précarisé. Il va désormais cibler les mardi et vendredi après-midi, et non plus les cantines le midi. La mairie évoque une réunion «à une date encore à déterminer».

(Olivier Monge/Myop pour Libération)
Publié le 20/11/2025 à 18h13

Les animateurs du périscolaire des écoles parisiennes ne désarment pas. En grève depuis le 10 novembre pour demander des recrutements massifs de titulaires afin de pouvoir mieux encadrer les enfants, ils ont décidé de reconduire le mouvement de manière «illimitée», a fait savoir une source syndicale à l’AFP ce jeudi 20 novembre.

Un changement va toutefois avoir lieu dans les modalités la grève : elle affectera désormais le temps périscolaire des mardis et vendredis après-midi, et non plus les cantines pendant les midis comme c’était le cas jusqu’à présent, «compte tenu des difficultés rencontrées par les familles», a déclaré Elise Rabdeau du Supap-FSU, à l’origine du mouvement avec la CFDT et la CGT.

Une réunion attendue avec la municipalité

«Entre 100 et 200 écoles» sur les 620 de la capitale ont dû fermer leurs cantines ces derniers jours, selon le Supap-FSU. La ville a en outre «ouvert des centaines d’établissements malgré des taux d’encadrement encore plus dégradés qu’en temps normal», déplore le syndicat. Selon la mairie, seules 48 cantines ont été fermées mercredi.

Les grévistes affirment que le mouvement social continuera «tant que la mairie centrale ne [les] aura pas reçus», précisant que leur préavis s’étend jusqu’au 31 décembre. Patrick Bloche, premier adjoint à la maire socialiste Anne Hidalgo en charge de l’Education, recevra les syndicats «à une date encore à déterminer», selon la mairie. Ceux-ci réclament des recrutements massifs de titulaires dans un secteur précarisé, qui compte seulement 2 500 adjoints d’animation et 1 000 animateurs contractuels, contre 8 500 vacataires.

Ce mouvement intervient alors que le secteur est secoué par une série d’enquêtes pour soupçons d’agressions sexuelles dans les établissements scolaires de la capitale, notamment après la plainte de la mère d’une fillette de quatre ans pour «viol aggravé» contre un animateur.

La ville de Paris a annoncé un plan de lutte contre les violences sexuelles faites aux enfants dans les écoles, avec un poste de Défenseur des enfants rattaché à la maire, dont la création a été adoptée ce jeudi à l’unanimité par le Conseil de Paris. «Je veux qu’il devienne le garant des droits des enfants à Paris», a dit Anne Hidalgo, assurant que la ville prenait «toutes ses responsabilités» après la suspension de 16 animateurs pour faits à caractère sexuels en 2025.

Le plan prévoit aussi un renforcement des formations des animateurs, jugées largement insuffisantes par les syndicats.

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