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Droit de suite

A Paris, un animateur en maternelle visé par une plainte pour «viol aggravé»

Une femme a porté plainte contre un animateur de la ville pour «viol aggravé» sur sa fille de 4 ans au sein de l’école maternelle Bullourde (XIe arrondissement). En se constituant partie civile, elle entend qu’un juge d’instruction soit désigné et avoir accès au dossier judiciaire.

Au total, trois animateurs ont été suspendus depuis la rentrée scolaire à l’école Bullourde. Ils étaient soupçonnés respectivement de «faits à caractère sexuel», «d’exhibition» et «faits d’agression sexuelle», indiquait mi-octobre la municipalité. (Adrien Nowak/Hans Lucas. AFP)
Publié le 13/11/2025 à 18h16

Elle veut qu’un juge d’instruction soit désigné pour faire la lumière sur ce qu’a subi sa fille. La mère d’une enfant de 4 ans a porté plainte avec constitution de partie civile pour «viol aggravé» contre un animateur de la ville de Paris, une information révélée en premier lieu par Mediapart. L’animateur visé par la plainte travaillait à la rentrée à l’école maternelle Bullourde, dans le XIe arrondissement de Paris.

La mère souhaite ainsi «avoir accès au dossier», explique son avocat, Me Arié Alimi. «Il y a une opacité complète de la part de la municipalité mais aussi des services d’enquête. Les parents ne sont pas informés sur la situation de leurs enfants, ni de l’étendue des violences sexuelles», développe le conseil. Qui assure que les parents ont aussi «été particulièrement échaudés par les récupérations politiques, qu’ils trouvent indignes, de la part de Rachida Dati», la ministre de la Culture et candidate à la mairie de Paris.

«Je ne peux pas ignorer la parole de ma fille»

La mère de la fillette dénonce des faits de «viol aggravé» par l’âge de la victime, sa situation de vulnérabilité, l’abus d’autorité de l’animateur périscolaire et le fait que les faits pourraient s’être déroulés en présence d’un autre enfant, à l’origine du signalement. «Je ne peux pas ignorer la parole de ma fille, dit la mère à Mediapart. Est-ce qu’elle a subi ? Est-ce qu’elle a vu sur d’autres ? Mon intime conviction, c’est qu’il s’est passé quelque chose à caractère sexuel dans cette école. J’ai confiance en la justice

Au total, trois animateurs ont été suspendus depuis la rentrée scolaire à l’école Bullourde. Ils étaient soupçonnés respectivement de «faits à caractère sexuel», «d’exhibition» et «faits d’agression sexuelle», indiquait mi-octobre la municipalité. L’ensemble de ces faits «pose la question du recrutement» des animateurs périscolaires, souligne Me Alimi. La ville fait justement face depuis lundi à un mouvement de grève des animateurs des 620 écoles de la capitale. Les syndicats, qui appellent à une grève de deux semaines, réclament le recrutement de milliers de titulaires face à une «précarisation massive».

Trente suspensions depuis le début de l’année

Selon la mairie, qui a également porté plainte, les animateurs sont soumis à des contrôles pour vérifier notamment qu’ils n’ont pas de casier judiciaire et ne sont pas inscrits au fichier d’auteurs d’infractions sexuelles ou violentes. Le contrôle du recrutement «a encore été renforcé», avait assuré en octobre à l’AFP le maire PS du XIe arrondissement de Paris, François Vauglin. Selon la Ville de Paris, trente animateurs ont été suspendus en 2025, dont 16 pour des suspicions de faits à caractère sexuels, un chiffre stable par rapport aux deux années précédentes.

Par ailleurs, du côté de l’éducation nationale, le rectorat de Paris a annoncé vendredi dernier avoir suspendu depuis la rentrée de septembre trois enseignants de maternelle «à la suite de plaintes portant sur des faits présumés de violences sexuelles sur des enfants» dans les Xe, XIXe et XXe arrondissements, et signalé les faits au parquet. Lequel n’a pas encore précisé les suites qui ont été données.

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