De retour de leur cours de piscine, une douzaine d’enfants entrent par la petite porte du grand portail de l’école maternelle Makarenko à Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne). Parmi leurs accompagnateurs, Attaouia, 40 ans, vérifie n’avoir oublié personne. Cette mère de sept enfants, dont des jumelles en grande section, accompagne depuis des années les sorties piscine de l’école, la tête toujours couverte de son voile, rose poudré ce jour-là. Un voile que le ministre de l’Intérieur, toujours constant sur le sujet, souhaite interdire aux accompagnatrices de sorties scolaires, qui correspondent selon lui à «l’école hors les murs», mais aussi au sein des enceintes des universités.
«Le voile n’est pas qu’un simple bout de tissu : c’est un étendard pour l’islamisme et un marqueur de l’infériorisation de la femme par rapport à l’homme», a justifié Bruno Retailleau dans le Parisien lundi 6 janvier au soir, à l’occasion des commémorations des dix ans des attentats de Charlie Hebdo et de l’Hyper Cacher. Ce qui fait bondir Gwénaële Calvès, professeure de droit public à l’université Cergy-Pontoise, spécialiste de la laïcité : «C’est un grave manquement à la laïcité de dire cela, parce qu’un rep