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Reportage

Au lycée de Condé-sur-l’Escaut, le café sans filtre de l’assistante sociale

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Dans cet établissement du Nord, Nathalie Honnis accueille les élèves en quête d’une oreille à qui confier leurs problèmes familiaux ou scolaires. Cette année, elle a constaté un afflux plus important, les quelque 1 800 lycéens devant à la fois composer avec la réforme du bac et l’angoisse liée à la crise sanitaire.

L'assistante sociale Nathalie Honnis suit certains élèves dont la situation sociale et familiale est compliquée. Elle reçoit aussi ceux qui ont besoin de parler de leur avenir. (Stéphane Dubromel/Hans Lucas pour Libération)
ParElsa Maudet
envoyée spéciale à Condé-sur-l'Escaut
photos Stéphane Dubromel. Hans Lucas
Publié le 22/02/2021 à 17h27

Nathalie Honnis a 15 ans quand apparaît le feuilleton télé Pause café. C’est la révélation. On est en 1981, Véronique Jannot incarne Joëlle Mazart, une jeune assistante sociale en lycée qui reçoit les élèves autour d’une tasse de café et noue avec eux une relation privilégiée. C’est décidé : quand elle sera grande, Nathalie Honnis sera Joëlle Mazart. Voilà plus de trente ans qu’elle tient parole, avec une énergie et une dévotion qui ne faiblissent pas. A chaque récréation, le ballet est le même. La sonnerie a à peine retenti que des ados surgissent dans son bureau, sis au fond du pôle médico-social de l’immense lycée polyvalent du Pays de Condé, à Condé-sur-l’Escaut (Nord). Ils se saluent, se charrient, s’installent sur les fauteuils rouges comme on se pose sur son canapé en rentrant chez soi. Ici, c’est un peu la maison. Ils viennent «au café». Et qu’importe si le café n’est plus servi depuis près d’un an, Covid oblige. L’important est surtout de se retrouver, de façon informelle et spontanée.

Nathalie Honnis voit ces moments comme «un outil de prévention primaire». Un moyen de briser la glace, de mettre les jeunes en confiance. «L’assistante sociale, ça fait peur. Franchir sa porte, ce n’est pas facile», reconnaît la dynamique blonde aux yeux bleus de 55 ans, qui s’est mise à offrir des tasses fumantes dès son premier poste, il y a trois décennies, en Seine-Saint-Denis. Dans l’esprit des gens, «il y a la psy qui voit les fous et moi qui place

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