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«Bétharram doit être envoyé aux oubliettes de l’histoire» : imbroglio autour de la fermeture de l’établissement catholique

Le président de l’Enseignement catholique a annoncé ce jeudi 22 janvier sur RTL la fin à la rentrée prochaine de l’établissement privé, une information démentie par son secrétariat, assurant qu’il n’était «pas question de fermeture à ce stade».

Le collège-lycée Notre-Dame de Bétharram, le 2 mars 2025. (Marion Vacca/Libération)
Publié le 22/01/2026 à 13h58, mis à jour le 22/01/2026 à 16h57

Fermera ou ne fermera pas ? «Bétharram va fermer. Ce n’est pas une option.» Le président de la Fédération nationale des organismes de gestion de l’enseignement catholique (Fnogec) a annoncé ce jeudi 22 janvier sur RTL la fermeture définitive de l’établissement catholique à la rentrée prochaine. Mais cette information a rapidement été démentie par le secrétariat de l’Enseignement catholique, qui a assuré qu’il n’était «pas question de fermeture de l’établissement à ce stade». Et dit «travailler collectivement à réunir toutes les conditions pour rétablir la confiance et la sérénité» dans le collège-lycée béarnais.

«[Il] éclabousse par sa réputation l’intégralité de l’enseignement catholique», a justifié quelques heures plus tôt Pierre-Vincent Guéret, en référence au vaste scandale de violences physiques et sexuelles à l’encontre d’enfants sur plusieurs décennies qui a éclaté en 2023. «Le mot Bétharram doit être envoyé aux oubliettes de l’histoire», a-t-il insisté.

«Le symbole doit disparaître»

Auprès de l’AFP, Pierre-Vincent Guéret a expliqué que, «derrière la notion d’établissement de Bétharram», qui a pris le nom de Beau Rameau en 2009, «il y a le symbole et l’établissement physique». «Le symbole doit disparaître» car «vous ne pouvez pas porter un projet positif» dans ces lieux, a-t-il ajouté. «A l’été, il faut que ce soit fait», a jugé le représentant de l’enseignement catholique.

Concrètement, le site sur lequel se trouve le collège-lycée, à Lestelle-Bétharram dans les Pyrénées-Atlantiques, «va fermer», a pourtant assuré Pierre-Vincent Guéret. Institutionnellement, Notre-Dame de Bétharram va disparaître, et opérationnellement, les locaux de l’établissement scolaire vont «déménager», a précisé Pierre-Vincent Guéret. Les élèves ayant aujourd’hui cours sur le site pourraient être scolarisés à Igon, commune voisine des Pyrénées-Atlantiques, où il existe une école primaire et un lycée en lien avec l’établissement. Objectif : «Quitter les lieux sans perdre un enfant, ni un enseignant, ni un employé.»

«Rome doit donner son accord»

Toutefois, le père Laurent Bacho, membre de la congrégation de Bétharram, a lui aussi nuancé cet effet d’annonce, assurant que la décision de fermeture «n’est pas encore prise» et fait encore l’objet de «pourparlers». Le président de la Fnogec a souligné que «la tutelle est internationale» et que pour mener le projet à bien «il faut que Rome donne son accord». La congrégation des Pères de Bétharram est en effet pilotée depuis Rome. «Si celle-ci ne s’engage pas, on les attaquera en justice», a précisé Pierre-Vincent Guéret, selon qui «la subtilité juridique du droit franco-italien ne doit pas être un obstacle à la construction d’un projet qui est faisable».

La Congrégation de Bétharram, qui dirigeait l’établissement béarnais au cœur du scandale, avait reconnu en mars 2025 sa «responsabilité» dans les faits dénoncés par près de 250 plaintes individuelles, dont la moitié pour des agressions à caractère sexuel. Elle a confirmé en octobre l’indemnisation de toutes les victimes, de personnels religieux comme de laïcs, en commençant par celles d’agressions sexuelles.

Mis à jour à 16 h 56 avec le démenti de l’Enseignement catholique.
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