C’est l’heure de la récréation. Dans la salle des professeurs du lycée Arthur-Rimbaud, à La Courneuve (Seine-Saint-Denis), un petit groupe d’enseignants accorde ses violons. Ce jeudi 27 novembre, ils sont six à s’être mis en grève. Clara, professeure de lettres-histoire, se saisit de la pancarte «Sans A.S., c’est la hess» (sans assistante sociale, c’est la misère) avant de sortir dans la cour. L’établissement n’a pas d’assistante sociale depuis la rentrée de septembre. Une infirmière est présente à mi-temps seulement, pour plus de 500 élèves.
«Le but de l’action aujourd’hui, c’est de montrer notre adhésion au mouvement de lutte pour la revalorisation du pôle médico-social dans l’ensemble du département», explique Clara. Car la situation dépasse largement «Rimbaud». En Seine-Saint-Denis, deux mois après la rentrée, 40 postes d’infirmières et 24 postes d’assistantes sociales ne sont toujours pas pourvus dans les collèges et lycées, d’après les syndicats. Des absences alarmantes pour le corps enseignant, d’autant plus qu’elles touchent des élèves se trouvant pour la plupart en situation de précarité économique, avec des besoins importants en termes d’accompagnement.
Devant une large banderole «Dans nos établissements scolaires, sans A.S. ni infirmière, c’est la galère», les professeurs exposent la situation aux élèves qui s’arrêtent, espérant qu’ils puissen




