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Enquête
Derrière les murs de l’école la plus riche de France, Jeannine-Manuel : une machine à cash alimentée par l’argent public
De l’extérieur, l’établissement ne paye pas de mine. La cour de récré est minuscule – un carré de béton à l’avant du bâtiment, visible et accessible depuis la rue. Certaines classes n’ont pas de fenêtres. Certes, le quartier est calme, nous sommes dans le XVe arrondissement parisien, à quelques foulées de la Tour Eiffel. Et il s’agit là d’une annexe : le siège, à quelques rues, est vitré et plus clinquant. Mais tout de même : comment imaginer que se niche là l’un des établissements scolaires les plus huppés de la capitale ? Welcome to Jeannine-Manuel, le must des écoles bilingues, ultrachic et prisée.
Le trombinoscope des parents d’élèves croustille : on y trouve des patrons du CAC 40, des politiques, des agents des ambassades et de l’Unesco. Des stars du petit et grand écran aussi. Parmi les anciens élèves qui brillent : le secrétaire d’Etat américain, Antony Blinken. On trouve aussi des familles aux noms discrets, prêtes à tous les sacrifices pour un réseau en béton ciré. Bien sûr, Jeannine-Manuel est le genre d’école facile à caricaturer : les gardes du corps qui accompagnent certains enfants, les «garden-parties» (kermesse) à l’hippodrome de Longchamp et les tournois de golf le dimanche.
«J’ignorais où je mettais les pieds»
Les parents jouent des coudes pour que leur petit y passe l’orteil et s’agrippent pour rester. Ils déboursent presque 10