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Soft power

Lycées français à l’étranger : enquête sur une lubie d’Emmanuel Macron qui fait les affaires du privé

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Outil d’influence financé à hauteur d’un demi-milliard d’euros par an, le réseau d’établissements français hors du pays s’est mis en marche forcée, depuis 2018, pour doubler le nombre d’élèves et ainsi satisfaire le vœu du Président. Quitte à favoriser un développement «sauvage» des écoles privées lucratives, qui profitent largement de ce cadeau sans offrir de garanties pédagogiques.

(Benjamin Adam/Libération)
Publié le 12/02/2026 à 14h49

Le lycée français de New York est peut-être l’exemple le plus caricatural du réseau de l’enseignement français à l’étranger. La crème de la jet-set, mêlant showbiz et politiques : parmi les anciens élèves, on trouve les enfants de Donald Trump, Madonna ou Dominique de Villepin himself. 43 600 euros l’année, hors frais de dossier et cantine. Ce lycée fait partie des 612 établissements internationaux français à travers le monde, un chiffre en forte hausse : il en existait 120 de moins en 2018. 400 000 élèves y suivent leur scolarité, dont un tiers ont la nationalité française. Certaines écoles sont gérées directement par la France, d’autres appartiennent à des groupes privés, sans que cela ne soit visible : toutes sont regroupées derrière l’étiquette «homologué par l’Etat français».

Outils de soft power par excellence, les lycées français sont le premier poste de dépenses du Quai d’Orsay en diplomatie culturelle. Un demi-milliard d’euros chaque année pour un «enseignement à la française». Apprentissage de la langue bien sûr, mais aussi éveil à l’esprit critique et respect des programmes de l’éducation nationale, de sorte qu’un élève peut entamer son année à Kuala Lumpur, switcher en cours de route pour Mexico et passer ses examens à Berlin. «Cette continuité pédagogique, c’est toute la singularité et la force de notre réseau», vante Serge Faure, ancien responsable du syndicat des chefs d’établissements de l’étranger, maintenant à la retraite. Il s’inquiète

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