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Le Libé des auteur·es jeunesse

Enseignant, «le plus beau métier du monde» ? On ne croit jamais que les mensonges qui nous arrangent

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22% des démissions de l’Education nationale viennent de professeurs dans leur première année d’enseignement. Romancière, nouvelliste et scénariste de bande dessinée, Mélanie Guyard raconte son expérience de jeune prof il y a vingt ans et, déjà, ses difficultés.

En 2023-2024, les démissionnaires de l’Education nationale avaient, pour 44% d’entre eux, moins de cinq ans d’ancienneté. (Magali Cohen/Hans Lucas. AFP)
Par
Mélanie Guyard (Mel Andoryss)
Publié le 25/11/2025 à 17h02, mis à jour le 25/11/2025 à 17h03

Cet article est tiré du Libé spécial auteur·es jeunesse. Pour la septième année, Libération se met aux couleurs et textes de la jeunesse pour le Salon du livre de Montreuil (Seine-Saint-Denis) qui ouvre ses portes le 26 novembre. Retrouvez tous les articles ici.

En 2023-2024, les démissionnaires de l’Education nationale avaient, pour 44% d’entre eux, moins de cinq ans d’ancienneté dans le métier. Les professeurs stagiaires représentaient 22% des démissions totales. Je ne suis pas surprise. Depuis des décennies, les effets d’annonce des différents gouvernements cachent l’abandon institutionnalisé de la formation des professeurs stagiaires.

Remontons le temps ensemble jusqu’à ma propre rentrée, il y a vingt ans de ça. A l’époque, un petit mois après l’obtention de mon Capes en sciences de la vie et de la terre, j’avais accueilli ma première classe de sixième dans un collège de Loire-Atlantique. Me voilà donc devant une trentaine d’élèves mignonnement rangés devant la salle. Ils rentrent, s’installent, je ferme la porte, et là… Le gouffre sous mes pieds.

Ces 30 enfants sont enfermés avec moi. Ou plutôt, je suis enfermée avec eux, dans cette salle, pour une heure. Je suis seule, et clairement en sous-effectif. Je ne peux pas sortir. J’en suis responsable.

Ils comptent sur moi pour faire classe, et je n’ai pas la plus

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