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Bilan

Evaluations nationales : des résultats stables mais un écart qui se creuse entre filles et garçons

Sept millions d’élèves entre le CP et la première année de CAP ont passé ces tests de maths et de français à la rentrée, dont le ministère de l’Education nationale a révélé les résultats mercredi 19 novembre.

A Valence, dans la Drôme, en 2024. A l‘école primaire, les résultats des évaluations 2025 sont plutôt stables, voire «consolidés» en CP et en CE2. (Nicolas Guyonnet/Hans Lucas. AFP)
Publié le 20/11/2025 à 10h11

Les élèves du CP à la première année de CAP ont passé en septembre les désormais rituelles évaluations nationales, dont le ministère de l’Education a révélé les résultats à la presse mercredi 19 novembre. Des résultats qui illustrent «une forme de stabilité par rapport à l’année précédente avec une tendance à la hausse sur le long terme, mais pas de progrès significatif» selon Caroline Pascal, directrice générale de l’enseignement scolaire.

Plus de 7 millions d’élèves ont passé ces évaluations standardisées en maths et en français, régulièrement critiquées par les syndicats, à la rentrée de septembre. A l‘école primaire, les résultats sont plutôt stables, voire «consolidés» en CP et en CE2 ; les élèves ont notamment progressé en mathématiques en classes de CE2, CM1 et CM2.

Pour les collégiens, les résultats pointent un retrait «préoccupant» en français en quatrième : «La proportion d’élèves diminue dans les groupes les plus performants (29,2 % en 2023 contre 27 % en 2025) et augmente dans les groupes les moins performants (32,3 % en 2023 contre 34,9 % en 2025)», relève le communiqué du ministère. Pour la première fois, les élèves de cinquième ont participé à ces évaluations. 52,1 % présentent une maîtrise «suffisante» des attendus en français, qui concernent la capacité à lire un texte avec fluidité ; contre 47,3 % en mathématiques, où sont évalués leurs automatismes dans la résolution de calcul.

Chez les lycéens, les résultats sont plus contrastés, et révèlent des progrès en mathématiques mais une baisse du niveau en français pour les secondes générales, tandis que les scores des CAP illustrent des «difficultés persistantes en français comme en mathématiques».

«Donner la parole aux filles»

Les chiffres démontrent qu’un écart naît entre les filles et les garçons en français dès le CP, à l’avantage des premières : «En début de CM2, les écarts varient entre 1,2 et 9,2 points de pourcentages selon les compétences évaluées», décrit Magda Tomasini, directrice de l’évaluation, de la prospective et de la performance du ministère de l’Education nationale. Le phénomène inverse se produit en mathématiques, où les garçons distancent leurs camarades avec un écart en CM2 entre 6,7 et 19,2 points selon les compétences.

«Nous sommes très frappés par ces écarts, surtout en mathématiques», assure Caroline Pascal. La directrice générale de l’enseignement scolaire rappelle qu’un signal d’alerte a été transmis aux professeurs, les incitant à prêter attention à leur façon «de donner la parole, d’écrire dans les bulletins», pour inciter les filles à s’investir à fond dans les matières scientifiques.

Un écart qui affecte jusqu’aux choix de carrière des élèves. Depuis la réforme du lycée instaurée en 2019 par Jean-Michel Blanquer, le nombre de lycéennes qui s’orientent vers les filières scientifiques a chuté : la proportion de garçons qui les choisissent est deux fois et demie plus élevée que celle des filles, relevait en 2024 une étude portée par Mélanie Guenais, vice-présidente de la Société mathématique de France.

Résultat : les femmes ne représentaient qu’un quart des ingénieurs en France en 2024. Un sondage révélait la même année que 82 % des étudiantes et jeunes actives dans le secteur de l’industrie ont été confrontées à des stéréotypes de genre à l’école, qui nourrissent une autocensure détournant encore les femmes des matières scientifiques.

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