
Fondations, dons, défiscalisation : la stratégie de l’extrême droite pour entrer dans la cour des écoles hors contrat
Dans la bagarre idéologique du moment, l’éducation est une pièce maîtresse. Le combat se joue en partie dans l’ombre, sur un terrain peu défriché : les écoles hors contrat, s’affranchissant des règles de l’éducation nationale et du principe de laïcité.
En France, la liberté de l’enseignement est tout en haut de la hiérarchie des normes, permettant à qui veut d’ouvrir une école, à condition de garantir la sécurité des enfants et de leur apprendre le «socle commun de connaissances». Pour le reste, tout est permis : contenu des cours, organisation des journées, religion à dose de cheval… On compte sur le territoire environ 1 500 établissements, scolarisant 84 000 élèves, soit 0,6 % des effectifs globaux.
Les profils de ces établissements sont très variés : des écoles laïques avec des pédagogies différenciées, du type Montessori ou Steiner, d’autres confessionnelles catholiques, musulmanes ou juives. Là encore, avec de grands écarts. Une partie d’entre elles laissent une place modérée à la religion et aspirent à signer un contrat avec l’Etat, sésame pour les financements publics. Certaines, au contraire, veulent rester hors système et cultivent l’entre-soi, à l’image du réseau très secret