Menu
Libération
Reportage

Groupes de niveaux au collège : «On impose cette réforme sur le dos de l’éducation prioritaire»

Réservé aux abonnés

Les enseignants et personnels d’un établissement REP+ de Vaulx-en-Velin, en grève, voient en la réforme du «choc des savoirs» une «aberration pédagogique». Ils pointent l’accaparement d’heures jusqu’ici dévolues à des dispositifs d’aide aux élèves en difficulté qu’elle induirait.

Les enseignants de collège craignent un affaiblissement des dispositifs REP+. (Alain Guilhot /Alain Guilhot)
ParMaïté Darnault
correspondante à Lyon
Publié le 07/03/2024 à 17h59

Ils ne sont pas dupes des tentatives du ministère de l’Education nationale de «désamorcer la crise», disent-ils. Pour protester contre la réforme du «choc des savoirs» voulue par Gabriel Attal, et dont Nicole Belloubet a hérité, 90 % des enseignants et des personnels du collège Henri-Barbusse de Vaulx-en-Velin (Rhône) ont fait grève ce jeudi 7 mars. Soutenus par le Snes, SUD et la CNT, ils ont appelé à un regroupement en début d’après-midi devant le rectorat de Lyon, afin de réclamer une nouvelle audience avec ses services. Depuis le début de l’année, c’est le troisième jour de débrayage dans cet établissement REP+ de la banlieue est lyonnaise, où l’instauration de groupes de niveau serait une «aberration pédagogique», dénonce André Voirin, professeur d’histoire-géographie et membre du Snes-FSU. «Ça va évidemment stigmatiser les élèves. Et comment va-t-on communiquer à ce sujet avec les parents ? En leur expliquant que leurs enfants vont aller dans le groupe des nuls ?»

Plus que des «niveaux», le ministère de l’Education nationale tente désormais d’évoquer des groupes «de besoins». «Peu importe le packaging, balaie l’enseignant. La seule chose qui reste audible, c’est la prise en compte des difficultés scolaires.» Mais elle doit se faire «en consultant, plutô

Pour aller plus loin :

Dans la même rubrique