Le musée de l’Armée, qui abrite le tombeau de Napoléon au sein des Invalides, a connu une année exceptionnelle en 2025. Avec près d’1,5 million de visiteurs, dont un tiers de citoyens français et 40 % de moins de 26 ans, il peut revendiquer le grade de quatrième musée le plus visité à Paris. Ancien directeur général du service civique, passé par le ministère de la Culture, Ludovic Abiven, directeur adjoint du musée depuis deux ans, observe l’intérêt croissant des jeunes pour les questions liées à la défense.
Pourquoi un tel engouement chez les jeunes pour un musée qui vient de fêter ses 120 ans ?
Notre dynamique de croissance est en effet très forte sur le segment des 18-25 ans, avec près de 30 % d’augmentation l’année dernière. C’est unique dans le champ des musées français, et donc, je pense, directement lié à ce que nous représentons. Le premier point, qui est un invariant de la jeunesse mais aussi un besoin très actuel, c’est la quête de sens et de repères. Il ne se passe plus une semaine sans qu’un responsable politique ou militaire n’évoque un risque de guerre, sans qu’il n’y ait une expression publique anxiogène. Nos sondages montrent que les jeunes ne viennent pas pour se distraire, mais pour trouver des clés de compréhension dans une époque très complexe. Le deuxième point, c’est que nous offrons une histoire incarnée par des objets, des personnages, des uniformes, des témoignages, très différente de ce que peut proposer un manuel académique. Enfin, nous sommes




