En attendant la sonnerie de midi, devant le collège Louis-Armand de Golbey (Vosges), des parents discutent à voix basse. D’un regard, certains font comprendre qu’ils ne veulent pas s’exprimer et souhaitent simplement que «les enfants puissent passer à autre chose». A droite du long portail en métal, un petit bouquet de fleurs rouges rappelle la grande émotion qui secoue cette commune de près de 9 000 habitants collée à Epinal. Samedi 7 janvier, Lucas, scolarisé en quatrième, s’est suicidé au domicile familial. Selon sa famille, l’adolescent de 13 ans souffrait de harcèlement scolaire, sur fond d’homophobie. Lola (1), élève de troisième, a appris la nouvelle sur Internet. Evidemment, avec ses amis, ils en ont parlé. «Si quelqu’un est homosexuel, qu’on le laisse vivre comme il veut», dit la jeune fille de 14 ans, un peu timide. «Comment peut-on s’acharner comme ça ?» s’interroge Angélique la voix nouée. Son fils est en classe de quatrième, comme Lucas. «Mais dans une autre classe, ils ne se connaissaient pas», précise-t-elle. Les yeux pleins de larmes, la mère s’identifie aux parents de l’ado : «J’ai dit à mon fils que si on lui faisait du mal, il devait nous en parler à nous, ses parents. Et qu’il devait aussi en parler à quelqu’un, mais si c
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Homophobie : après le suicide de Lucas, 13 ans, «le choc et le chagrin» dans les Vosges
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LGBT +dossier
Le collège Louis-Armand est engagé dans le dispositif pHARe destiné à prévenir et lutter contre le harcèlement scolaire. (Pascal Bastien/Divergence pour Libération)
publié le 13 janvier 2023 à 19h21
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