L’Assemblée nationale a adopté ce lundi 16 février en première lecture une proposition de loi Renaissance visant à expérimenter une éducation à l’alimentation à l’école, face à la hausse de l’obésité et pour soutenir l’agriculture française. «Près d’un adulte sur deux est en situation de surpoids, l’obésité a été multipliée par quatre chez les plus jeunes […] en moins de 30 ans», a lancé la tribune Olivia Grégoire, à l’origine du texte. La députée Renaissance a défendu un moyen d’«assurer à chaque élève, où qu’il grandisse, un accès à (un) apprentissage fondamental». Elle était soutenue par le ministre de l’Education nationale Édouard Geffray, pour qui «la santé des élèves n’est pas accessoire à leur apprentissage» mais sa «condition première».
Reportage
Le texte prévoit, à titre expérimental pour trois ans et sur la base du volontariat des académies et établissements, trois séances minimum par an d’éducation à l’alimentation, de la petite section de maternelle au CM2. Des parcours sont également prévus au collège et dans les lycées professionnels. Adopté par 68 voix pour et aucune contre, il devra aller au Sénat.
Critiques de l’opposition
Les oppositions en ont toutefois critiqué certains points. «Ce texte ne propose pas de mesures clés pour permettre aux foyers les plus modestes de mieux se nourrir», a déploré Soumya Bourouaha (PCF). Le texte initial prévoyait aussi un «fonds d’action» abondé par l’Etat et potentiellement des entreprises privées pour «accompagner financièrement les communes les plus modestes dans l’organisation d’activités pédagogiques», selon Olivier Grégoire. Mais l’ouverture à des acteurs privés crispe à gauche. «Coca-Cola, Danone ou Nestlé pourront financer l’éducation à l’alimentation dans l’école publique, ce qui leur permettrait de redorer leur image», a critiqué Marie Mesmeur (LFI).
L’article avait été supprimé en commission et Olivia Grégoire a renoncé à ce stade à tenter de le réintroduire. «Je maintiens que le dispositif est indispensable pour permettre à nos acteurs associatifs de pouvoir opérer dans les meilleures conditions possibles», a-t-elle insisté. Elle avait déposé un amendement de réécriture disposant notamment que les entreprises ne peuvent «pas faire état, à des fins commerciales ou de communication, des projets financés par le fonds».




