Paris coupe les vivres à Stanislas. La mairie de Paris a suspendu le versement d’une dotation à l’établissement privé catholique, estimant que «les engagements pris ne sont pas tenus» quant à l’éducation à la vie affective et l’éducation à la culture chrétienne à «Stan», qui a saisi le préfet.
«Stanislas a saisi en novembre le préfet de la région Ile-de-France afin de l’informer de l’absence de versement des forfaits d’externat dus au titre de l’année 2025», a indiqué dans un communiqué, après le Conseil de Paris de mercredi 17 décembre, l’établissement huppé privé sous contrat, accusé de dérives homophobes et sexistes en 2023.
«Risque juridique»
Lors de l’assemblée, l’élu chargé des affaires scolaires, Emmanuel Coblence, a justifié l’absence du paiement : «Puisque les engagements pris ne sont pas tenus, la ville a décidé de ne pas verser le forfait, ce qui est […] en ligne avec l’évaluation qui a été faite par le ministère». «C’est le rectorat qui le dit : le compte n’y est pas, en particulier sur les cours d’éducation à la culture chrétienne ou sur les questions liées à l’éducation à la vie affective et relationnelle» (Evars), a-t-il soutenu.
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La mairie a précisé à l’AFP avoir «conditionné» le versement des financements 2025 «à la présentation du rapport promis par le recteur pour s’assurer de la mise en conformité de Stanislas». Le versement de ces forfaits est une obligation légale, prévue par la loi, tant que l’établissement reste sous contrat avec l’Etat, sans aucune conditionnalité, selon le rectorat.
Le Secrétariat général de l’enseignement catholique (Sgec) a «déploré» la décision du Conseil de Paris. Pour l’établissement privé, cette décision «repose sur une appréciation contestable de la situation réelle de l’établissement» et expose la mairie à «un risque juridique».
«Dérives»
La direction soutient que «l’enseignement de la culture chrétienne à Stanislas ne constitue pas une instruction religieuse» et que, depuis la rentrée, il existe un «dispositif de transparence permettant aux familles d’être pleinement informées» des contenus. L’établissement assure également que le programme Evars est «déployé» en «pleine conformité avec les exigences de l’Education nationale» et que des contrôles «sont en cours depuis début décembre».
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En juillet, Stanislas avait reçu une mise en demeure de l’académie sur ses cours de culture chrétienne. Elle faisait suite à une inspection de contrôle de l’académie pour vérifier que l’établissement s’était bien conformé aux recommandations de l’Inspection générale de l’éducation (Igers) formulées en juillet 2023.
Le rectorat de Paris a confirmé vendredi qu’un contrôle était «bien en cours» sur l’Evars. En 2024, après le rapport de l’Igers pointant des «dérives» à Stanislas, la mairie de Paris avait déjà suspendu puis finalement rétabli sa subvention annuelle de 1,3 million d’euros.




