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Contestation

L’évaluation des écoles suscite la méfiance des enseignants

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Dans le cadre de la loi de 2019 «Pour une école de la confiance», le dispositif d’évaluation des établissements scolaires démarre doucement. Les enseignants et les inspecteurs, débordés, sont réticents à s’y plier et craignent que ces évaluations entraînent un classement entre les écoles.

La plus grande crainte des enseignants est que ces évaluations aboutissent à la mise en concurrence des écoles. (Magali Cohen/Hans Lucas)
Publié le 09/07/2022 à 13h24

«Boucler ça en cinq ans, on n’y arrivera pas, sauf si on fait du grand n’importe quoi. Si c’est pour faire de ce dispositif un pur objet technocratique, ce sera sans nous», lâche Patrick Roumagnac, secrétaire général du SI.EN-Unsa. La position de son syndicat, le premier chez les inspecteurs de l’Education nationale, est claire : il ne prendra pas part aux évaluations d’écoles.

Cette mesure, inscrite dans la loi de 2019 «Pour une école de la confiance», prévoit qu’environ 20% des établissements scolaires français soient évalués chaque année, donc que chacun y passe tous les cinq ans. Charge d’abord aux personnels, aux parents et aux élèves d’auto-évaluer les points forts et les axes d’amélioration de leur école, selon une grille propre à chaque établissement, basée sur les recommandations du Conseil d’évaluation de l’école, créé pour l’occasion. Puis, trois ou quatre évaluateurs extérieurs (directeur d’école d’une autre circonscription, inspecteur, élu local, représentant de parents d’élèves…) viennent confronter cette auto-évaluation à leur propre analyse. Le tout doit permettre de définir le projet d’école, feuille de route de l’établissement. Objectif : «Améliorer l’apprentissage des élèves, leur bien-être à l’école, et améliorer le service public d’enseignement», résume Béatrice Gille, présidente du Conseil d’évaluation de l’école,

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