Sous les halles de Châtillon-sur-Chalaronne, petite ville de l’Ain, les commémorations du 11 Novembre vont bon train. Entre les étendards tricolores et les képis de gendarmerie, un petit groupe de jeunes filles détonne. Bérets rouges, souliers en cuir et jupes longues, les élèves de la Maison d’éducation Pauline-Marie-Jaricot (MEPMJ) portent l’uniforme réglementaire de cette école catholique hors contrat. Un établissement pour filles, qui compte 17 élèves allant de l’école élémentaire au lycée, et qui divise les 5 000 habitants de la commune depuis son ouverture à la rentrée 2024. En cause : l’enseignement qui y est proposé ainsi que les liens de ses promoteurs avec l’extrême droite.
«Cette école, c’est le triple K : Kinder [enfant], Küche [cuisine], Kirche [église] !» fustige Etienne Joyot, ancien délégué départemental de l’Education nationale de l’Ain, mobilisé contre l’ouverture de la MEPMJ. Il fait ici référence aux valeurs traditionnelles attribuées aux femmes par l’empire allemand et reprises par le Troisième Reich. Mathilde (1), Châtillonnaise engagée dans la paroisse locale, est, elle aussi, «scandalisée» par l’école. «Ces jeunes filles ne vont pas pouvoir choisir leur vie, juge-t-elle. Cela crée un clivage entre les habitants, et cet intégrisme est en train de se banaliser.»
La MEPMJ est aussi dans le viseur des services de l’Etat. Après deux tentatives infructueuses en 2024 et à la rentrée 2025, la préfecture de l’Ain a ordonné, mercredi 1




