Plusieurs affaires distinctes. Depuis la rentrée scolaire, l’académie de Paris a procédé à la suspension de trois professeurs des écoles à la suite de plaintes portant sur des faits présumés de violences sexuelles sur des enfants, a appris Libération ce vendredi 7 novembre, confirmant une information du Parisien. L’académie précise que «la suspension est une mesure de protection tant pour les victimes présumées que pour les personnels mis en cause et préserve les conditions d’une enquête éventuelle».
Ainsi, dans le XXe arrondissement, à l’école maternelle Grands-Champs, c’est une institutrice qui a été suspendue le 30 septembre après avoir laissé entrer dans l’établissement à plusieurs reprises son compagnon, accusé d’avoir agressé sexuellement un enfant. Selon Le Parisien, un signalement a été transmis au parquet de Paris après que les parents de l’enfant ont dénoncé les faits à la directrice de l’école, le 30 septembre. Le rectorat a précisé qu’une enquête administrative était en cours pour «comprendre ce qui s’est passé pour qu’une personne extérieure ait pu entrer dans l’école».
Pédocriminalité
Dans le XIXe arrondissement, à l’école maternelle Fessart, un signalement concernant un enseignant a été reçu le 24 octobre, pendant les vacances scolaires, a indiqué le rectorat. Sa suspension a pris effet au retour des vacances. La rectrice a également fait un signalement à la procureure de Paris et les parents ont été réunis. Or, selon le Parisien, ce même homme aurait déjà été visé par au moins une plainte du même type en 2023. Il avait néanmoins pu reprendre son poste après un arrêt maladie longue durée.
Protocole
Ces deux affaires viennent s’ajouter à celle de l’école de l’Aqueduc, dans le Xe arrondissement de Paris. Un signalement de parents concernant un enseignant a été fait le 14 octobre. L’enseignant a été suspendu le jour-même et un signalement à la procureure de la République a été fait. Une réunion avec les parents s’est tenue le 16 octobre et une cellule psychologique a été mise en place.
Contactée, l’académie de Paris indique que sur les 35 000 personnels qu’elle compte, «26 font l’objet d’une suspension tous motifs confondus, dont 22 enseignants». Sans préciser la part de suspensions pour des motifs à caractère pédocriminel. Par ailleurs, une suspension ne vaut pas condamnation, et les mis en cause sont considérés comme présumés innocents en l’attente d’un éventuel procès.
L’académie rappelle également qu’un protocole est mis en place «lorsqu’un parent ou un élève rapporte des violences qui auraient été commises par l’un de nos personnels dans une école». «La direction de l’école informe sans délai la direction académique. Si les faits énoncés sont susceptibles de revêtir une qualification pénale, un signalement est transmis à la procureure de la République. En fonction de l’évaluation de la situation, suivant la gravité des faits énoncés ou le risque de troubles dans l’école, le personnel concerné peut être suspendu à titre conservatoire. Une enquête administrative peut être diligentée. La direction académique s’assure en lien avec les inspecteurs de circonscription de l’information et de l’accompagnement des parents et des personnels. La cellule d’écoute peut être mobilisée pour intervenir auprès des élèves, des personnels et des familles. Une formation à l’éducation à la vie affective et relationnelle (EVAR) est déployée par priorité dans l’école concernée.»
Trois animateurs suspendus en octobre
Côté périscolaire, trois animateurs de l’école Bullourde, dans le XIe arrondissement, ont été suspendus depuis la rentrée scolaire après des soupçons de «faits à caractère sexuel», dont une agression, apprenait-on également le 16 octobre auprès de la mairie de Paris. Les agents mis en cause ont été «retirés du terrain et suspendus dès connaissance des alertes remontées par les parents», a indiqué la mairie, qui a annoncé avoir déposé plainte «afin de renouveler son soutien aux victimes et aux familles».
Mise à jour le 7 novembre à 18 heures avec davantage de détails.




