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Précarité étudiante en Guadeloupe : «Dès le 15 du mois, il me reste à peine une vingtaine d’euros en poche»

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Les étudiants du département antillais sont plus durement frappés par la précarité que la moyenne nationale à cause de la vie chère. Malgré les aides, certains doivent travailler en parallèle de leurs études, au risque de mettre en péril leur diplôme.

Distribution alimentaire de l'association COP1 au CRIJ Guadeloupe, à Pointe-à-Pitre le 16 mars 2024. (Jeanne Pellen)
ParLudovic Clerima
correspondant en Guadeloupe
Publié le 16/11/2025 à 11h14

Quand Parcoursup l’oriente vers la Guadeloupe pour suivre ses études de médecine, Louane, 20 ans, saisit l’occasion : «Je vivais en Hexagone et je voulais changer d’air. Je ne connaissais pas cet endroit, mais j’avais déjà entendu parler de la vie chère.» La jeune femme contracte alors un prêt étudiant pour survivre dans l’archipel. «Je ne peux pas travailler la première année de médecine. Je me suis fixé un budget de 1 000 euros maximum par mois en y ajoutant les 200 euros de bourse du Crous que je perçois. J’ai un loyer de 600 euros. Un abonnement mensuel à un service de vélo électrique d’une trentaine d’euros. Et pour les courses, c’est au moins 250 euros par mois. Je fais attention, mais je saute le repas du soir. Dès le 15 du mois, il me reste à peine une vingtaine d’euros en poche.»

Car s’ajoutent bien souvent les livres et autres fournitures scolaires au budget de la jeune femme. «Je vais parfois à l’épicerie solidaire du Crous, mais il faut avoir l’estomac bien accroché. Les prix sont moins chers, mais les produits sont parfois périmés depuis plus d’un mois.»

«Peur de faire tout ça pour rien»

Selon les données de l’Insee, en Guadeloupe,

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