Tous les matins depuis la rentrée de janvier, Pierre Leroy, directeur d’une école primaire à Salleboeuf, une petite commune rurale en Gironde, applique le même rituel. Il demande aux enseignants de se poster à 8h20 tapantes devant le portail pour accueillir les 255 élèves de l’établissement répartis dans dix classes. Débute alors le bal des vérifications pour ceux qui ont été cas contact. Leur «statut sanitaire» est glissé dans le carnet de liaison. «Quand ils sont checkés, les résultats des tests – jusqu’à lundi – et les attestations sur l’honneur atterrissent sur mon bureau pour un repointage en règle», détaille le directeur, syndiqué au SNUipp-FSU. Pour ce travail de fourmi, aussi chronophage que fastidieux, il prend son rôle très au sérieux au vu de la flambée épidémique mais s’interroge sur la pertinence d’un protocole allégé qui privilégie «la bonne foi» des parents.
«Certains m’ont déjà prévenu qu’ils ne pourront pas tenir le rythme. Ils ne se voient pas glisser un test dans les narines de leur enfant trois fois dans la semaine.» Par peur de faire mal, selon lui. D’autres encore lui ont rapporté que leur progéniture pleurait à la simple vue de l




