Lundi 7 heures, lycée Leconte-de-Lisle, à Saint-Denis de la Réunion. Temps frisquet, ambiance plus chaude devant le portail de l’établissement, gardé par des policiers. «Vous êtes libres ou pas de vous injecter le poison !» lance une mère de famille aux élèves, tous masqués, qui entrent en cours. «Pren out vie en main, ou lé kapab», interpelle un autre membre du collectif Parents 974 Mobilisation («tu es capable de prendre ta vie en main», en créole). Nadine, béret noir sur la tête, estime que «les jeunes sont lobotomisés, ils devraient s’informer». De très rares lycéens s’arrêtent, écoutant, au son d’une sono et d’un tambour, les arguments des manifestants. «Ce n’est pas faux, ce qu’ils disent», jugent Korentin, en prépa scientifique, et sa sœur Kathleen. Leur père intervient : «Il est hors de question qu’on vaccine mes enfants, bordel!»
La petite dizaine de membres du collectif s’oppose à l’installation dans le lycée, jeudi, d’un centre éphémère de vaccination, dix jours après la rentrée scolaire. C’est l’une des principales mesures, facultative, du protocole sanitaire «renforcé» voulu par Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Education nationale. Dans l’académie, trois lycées vont tester le dispositif, sur la base du volontariat et conditionné à l’autorisation parentale




