De quoi accroître encore un peu plus la précarité étudiante. Les étudiants vont voir le loyer des résidences universitaires augmenter à la rentrée prochaine. «Après cinq ans de gel des loyers étudiants, on va les augmenter d’un maximum de 3,5 %», annonce au Parisien ce 27 février, Bénédicte Durand, la nouvelle directrice du Centre national des œuvres universitaires et scolaires (Cnous), notamment chargé du logement étudiant, de la restauration ou encore des bourses. Cela représente, selon elle, une hausse «entre 2 et 6 euros par étudiant, par mois, une fois les APL pris en compte».
L’ancienne rectrice d’Île-de-France et conseillère d’Élisabeth Borne à Matignon, affirme que cette hausse servira à financer le programme de rénovations des résidences vétustes du Crous. «On a l’objectif de 12 000 rénovations à 2027. À cet horizon, plus aucun étudiant ne sera dans une chambre insalubre. 7 500 logements restent à réhabiliter», promet-elle.
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Cette décision annonce un premier revirement dans la politique du gouvernement face à la précarité étudiante. Gel des loyers ainsi que du prix du repas du Crous, repas à un euro pour les boursiers et les plus précaires… «Les politiques sociales de ces dernières années ont mis sous tension notre modèle économique», déplore Bénédicte Durand, au moment où le gouvernement cherche à faire 10 milliards d’euros d’économie.
L’annonce de la patronne fait l’unanimité contre elle chez les organisations étudiantes. L’Union étudiante - la scission de 2023 de l’Unef proche de la Nupes - «exige l’abandon immédiat de cette mesure», dans un message publié sur X (ex-Twitter). Pour le syndicat, devenu première organisation étudiante aux dernières élections du Crous en février, cette décision est «une honte […] dans un contexte où un étudiant sur deux est mal logé».
Un étudiant sur deux contraint de sauter un repas par jour
De son côté, la Fédération des associations générales étudiantes (Fage), regrette dans un tweet qu’«investir dans la jeunesse n’est pas la priorité» du gouvernement. Selon l’indicateur annuel de ce syndicat publié en août, le coût moyen de la rentrée pour un étudiant était déjà de 3 000 euros en septembre 2023.
Enfin l’Unef regrette que le gouvernement demande «aux étudiants de pallier le manque de moyens que l’Etat met dans le service public à destination des étudiants». Le syndicat rappelle qu’un étudiant sur deux est déjà contraint de sauter un repas par jour, prenant pour preuve les files d’attente qui ne désemplissent pas devant les distributions d’aide alimentaire sur les campus.




