Les principaux concernés par ces recommandations n’ont pas mâché leurs mots. Les syndicats enseignants ont fustigé ce lundi 24 novembre l’adoption d’un rapport par la Convention citoyenne sur les temps de l’enfant «complètement déconnecté». Ils ont notamment critiqué l’idée «d’apprentissages pratiques» l’après-midi et la réduction du temps de cours. Le texte, loin de faire l’unanimité dans le monde l’enseignement, avait pourtant été applaudi et voté la veille au Conseil économique, social et environnemental (Cese).
Le Syndicat national des lycées, collèges, écoles et du supérieur (Snalc) juge même que les 4 millions d’euros qu’a coûtés la Convention citoyenne sont «4 millions d’euros jetés par la fenêtre» car «l’ensemble du rapport est complètement déconnecté de ses conditions de réalisation et du fonctionnement réel de notre pays».
Une distinction entre pratique et théorie qui «n’a pas de sens»
Une proposition tout particulièrement catalyse les inquiétudes et constitue un «point rouge» pour la CFDT Education, celle d’instaurer «des apprentissages théoriques, placés le matin, et des apprentissages pratiques, placés l’après-midi», avec deux heures d’apprentissages «pratiques» obligatoires puis des activités artistiques et sportives gratuites à partir de 15 h 30. D’autant que la distinction entre apprentissages pratiques et théoriques «n’a pas de sens» pour Caroline Brisedoux, secrétaire nationale de la CFDT Education, et pose par ailleurs un «problème matériel» car, selon elle, il est notamment impossible de programmer tous les enseignements de sports l’après-midi.
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Le Snes-FSU, le principal syndicat du second degré (collège et lycées), se montre tout aussi frileux envers une mesure qui «ouvre la porte à une sortie potentielle des arts plastiques, de l’éducation musicale et de l’EPS du cadre national des enseignements». Elle impliquerait une «éventuelle prise en charge par des acteurs et actrices extérieurs» après 15 h 30 qui «dépendrait des associations disponibles localement et des ressources financières», ce qui risque d’accroître «les inégalités territoriales» et «les inégalités sociales».
Des effets «défavorables aux élèves en difficulté»
La Convention propose aussi de réduire les cours à 45 minutes dans le secondaire – contre une heure actuellement – et de commencer les cours à 9 heures au collège et au lycée. Ce qui conduirait à une «impasse organisationnelle» et à une «école au rabais» avec un «zapping permanent» dont les effets «seraient particulièrement défavorables aux élèves les plus en difficulté», ajoute le Snes dans un communiqué.
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«Commencer l’école plus tard, la finir plus tôt, avec davantage de pauses, le même nombre de semaines de vacances et des programmes allégés ne va rien améliorer du tout. Tout au plus va-t-on renforcer le marché du soutien scolaire», a ajouté le Snalc (collèges et lycées) dans un communiqué.
Parmi les autres mesures phares de la Convention figure l’idée d’établir cinq jours d’école «pleins» par semaine dès l’école élémentaire, pour mieux étaler les apprentissages. Mais pour le FSU-SNUipp, le premier syndicat du primaire, une telle réorganisation, déjà tentée en 2013, «n’a convaincu aucun des acteurs de l’éducation». Pour l’organisation, «l’urgence est de redonner des moyens à l’école».




