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Violences à l’école : près d’un tiers des collégiennes victimes de cyberviolences

L’Observatoire national des violences faites aux femmes dévoile ce jeudi 29 janvier des chiffres alarmants sur la haine en ligne à l’encontre des adolescents, et notamment des filles.

Un projet de loi vise à interdire les smartphones dans les lycées et à restreindre l'accès aux réseaux sociaux pour les mineurs de moins de 15 ans. (Romain Costaseca/Hans Lucas. AFP)
Publié le 29/01/2026 à 15h32

Les violences faites aux femmes commencent tôt. Près d’un tiers des collégiennes (30,6 %) et un quart des lycéennes (24,9 %) déclarent avoir été victimes de cyberviolences, selon une étude de l’Observatoire national des violences faites aux femmes dévoilée ce jeudi 29 janvier.

Un collégien sur quatre (26,2 %) et un lycéen sur cinq (20,4 %) affirment également avoir été victimes de violences en ligne, selon cette étude basée sur des données de la DEPP, le service statistique du ministère de l’Education nationale, qui datent de 2021-2022 pour les collèges et de 2022-2023 pour les lycées. Les violences verbales ou écrites (injures, moqueries, surnoms désagréables) représentent la majorité des cyberviolences subies par les écoliers victimes.

Cette étude est publiée quelques jours après le vote, lundi, à l’Assemblée nationale d’une proposition de loi interdisant les réseaux sociaux aux moins de 15 ans. Le texte, qui doit désormais être examiné par le Sénat, pourrait faire de la France une pionnière en Europe.

L’enquête de l’Observatoire publiée ce jeudi revient également en détail sur les violences sexistes et sexuelles en milieu scolaire. Ces dernières (baisers ou caresses forcés, voyeurisme) touchent 15 % des collégiennes et 19 % des lycéennes. «8 % des élèves - filles et garçons - déclarent avoir subi des embrassades forcées au moins une fois au cours de l’année scolaire 2020-2021, et 15 % avoir été victimes de voyeurisme dans les toilettes», détaille le rapport.

Education à la vie affective

Ces chiffres «justifient, si besoin était, l’urgence» du déploiement des programmes scolaires d’éducation à la vie affective, relationnelle et à la sexualité (Evars), estime Roxana Maracineanu, la secrétaire générale de la Mission pour la protection des femmes (Miprof) dont dépend l’Observatoire national. «Aucune violence à caractère sexiste ou sexuel n’a sa place à l’école», affirme de son côté le ministre de l’Education nationale Edouard Geffray, dans l’étude.

Selon le premier bilan fourni mercredi par le ministre dans les colonnes du Monde, 66 % des écoliers, 48 % des collégiens et 35 % des lycéens avaient déjà bénéficié, au 31 décembre 2025, «d’au moins une séance» d’éducation à la vie affective et relationnelle.

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