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Mort de Brigitte Bardot : «Elle a donné les codes de ce que c’était qu’être une star», salue Thierry Frémaux, délégué général du Festival de Cannes

L’actrice, icône féminine des années 1960 et fervente protectrice des animaux, mais aussi proche de l’extrême droite, est morte à La Madrague ce dimanche à l’âge de 91 ans.

Brigitte Bardot sur le tournage du film «Les Femmes» réalisé par Jean Aurel le 24 avril 1969 à Paris, France. (Patrice PICOT)
Publié le 28/12/2025 à 11h55, mis à jour le 28/12/2025 à 20h33

En résumé :

  • Brigitte Bardot, actrice et chanteuse mondialement reconnue, est morte ce dimanche matin dans sa célèbre résidence de La Madrague à Saint-Tropez, a annoncé la fondation qui porte son nom. 
  • L’actrice, connue pour ses rôles dans et Et Dieu… créa la femme et dans Le Mépris avait tout plaqué en 1973 pour se consacrer aux animaux. Un engagement alors rarissime, et souvent moqué, qu’elle poursuivra jusqu’à la fin.
  • Ces dernières années, l’ancienne actrice se distinguait surtout pour ses prises de position politiques et ses propos acerbes sur l’immigration, le féminisme, les chasseurs… dont certains lui ont valu des condamnations pour injure raciale.
Le 28/12 à 20H17

«Face A, face B» : la une du «Libération» de demain

Actrice à la carrière fulgurante, symbole malgré elle de la France des années 60, incarnation de la libération sexuelle, elle avait refusé d’être réduite à son statut d’icône, plaquant le cinéma pour se réinventer en pasionaria de la cause animale, proche de l’extrême droite. Suscitant de nombreuses controverses. Elle est morte dimanche à 91 ans. La une de Libération consacrée à la mort de Brigitte Bardot, à retrouver en kiosques lundi 29 décembre.

Le 28/12 à 20H15

«Du sex appeal à l’extrême droite, elle a symbolisé une France en mutation» : Brigitte Bardot vue par la presse internationale

«Icône de beauté et de sensualité» ou «misanthrope sans filtres» : après l’annonce ce dimanche 28 décembre de sa mort, les journaux étrangers ont disséqué la figure d’une actrice considérée comme une incarnation de son pays. Notre revue de presse.

Le 28/12 à 18H55

Brigitte Bardot s’est éteinte à l’aube, aux côtés de son époux Bernard d’Ormale

Brigitte Bardot, décédée dimanche à l’âge de 91 ans, s’est éteinte à l’aube, au côté de son époux Bernard d’Ormale, qu’elle a rencontré chez Jean-Marie Le Pen, a précisé sur BFMTV le directeur de la presse et des relations publiques de la fondation qu’elle avait créée. «Bernard d’Ormale, son mari, qui l’a accompagnée jusqu’au bout, était à ses côtés lorsqu’elle s’est éteinte», dans sa célèbre résidence de La Madrague à Saint-Tropez, a indiqué Bruno Jacquelin. «Il l’entendait respirer normalement. Et puis, à 05 h 55, elle lui a dit tout doucement son petit mot d’amour qui est “piou piou”. Et c’était fini», a-t-il poursuivi.

Le 28/12 à 17H57

Le monde du cinéma rend hommage à «un mythe»

Les hommages du monde du cinéma à Brigitte Bardot se sont multipliés dimanche. «C’était plus qu’une actrice, c’était la France», salue Claude Lelouch rappelant un échange qu’il avait eu avec le général De Gaulle : «Il m’avait dit : “La France, c’est moi et Brigitte Bardot”.» «Cette femme a été une véritable révolution, juge le réalisateur d’Un homme et une femme, tout simplement parce que dans un monde de tricheurs, elle ne trichait pas. Elle a toujours dit ce qu’elle pensait. Et cette spontanéité a touché la terre entière.»

Pour Thierry Frémaux, directeur de l’Institut Lumière à Lyon et délégué général du festival de Cannes, Brigitte Bardot est «un mythe total» : «Elle a donné les codes de ce que c’était qu’être une star», rappelant l’émeute qu’avait provoquée sa venue au Festival de Cannes en 1967. Ancien président du festival, Pierre Lescure évoque un «destin unique», «sa beauté dingue et comme nouvelle, absolue et effrontée», «sa fantaisie, ses rôles multiples». Autre ancien président du Festival de Cannes, Gilles Jacob a cité l’écrivain François Nourrissier, qui avait résumé le personnage Bardot en neuf mots : «Un équilibre instable entre le caprice et la damnation.»

Le 28/12 à 16H47

A Saint-Tropez, les discrets hommages

Quand elle a su que Brigitte Bardot était décédée à 91 ans, Julia Gangotena a «couru» à La Madrague et a pu déposer quelques roses blanches au pied de son portail bleu à Saint-Tropez, juste avant que les gendarmes ne barrent le chemin. Ce dimanche, ils sont peu nombreux à lui rendre hommage tant Saint-Tropez, petit port méditerranéen et haut-lieu de la jet-set internationale l’été, s’assoupit l’hiver. Mais ceux qui viennent ont tous une anedocte à partager sur la star planétaire, icône du 7e art, qui menait ici une vie simple, loin aussi des sorties polémiques et politiques qui pouvaient la caractériser. Nathalie Dorobisze est «dévastée». Tout de noir vêtue, cette fan historique vit à Saint-Tropez depuis une dizaine d’années. «Le monde de demain sans elle, c’est une page qui va se refermer et ça va être très difficile» car «elle a tout le temps été là. Tout le temps», s’émeut la quinquagénaire. Un homme passe avec un gros bouquet, tee-shirt à l’effigie de «BB» et dépose des fleurs au pied de la voiture de gendarmerie. En début d’après-midi, des véhicules des pompes funèbres sont repartis.

Le 28/12 à 15H56

Mireille Mathieu loue «une femme libre qui a marqué de son empreinte l’histoire de France»

Les deux ne se sont jamais rencontrées, mais la brune avait appelé cet été la blonde pour lui faire part de toute son «admiration» et son «soutien». Mireille Mathieu a salué ce dimanche auprès de l’AFP une «grande actrice» et «une femme libre qui a marqué de son empreinte l’histoire de France». «Brigitte Bardot est et restera la femme la plus belle du monde, dotée aussi de la beauté du cœur qui a courageusement voué sa vie aux animaux», a estimé la figure de la chanson française de 79 ans.

Le 28/12 à 15H20

Brigitte Bardot, embarrassante pionnière de la cause animale

Par Sarah Finger

L’actrice avait tout plaqué en 1973 pour se consacrer aux animaux. Un engagement alors rarissime, et souvent moqué, qu’elle poursuivra jusqu’au bout, saillies racistes comprises. Lire l’article de Sarah Finger

Le 28/12 à 14H55

Derrière l'icone, la haine

Par Camille Paix

Pour rappel, Brigitte Bardot c’était aussi – et surtout, ces dernières années – un glissement assumé vers l’extrême droite, et des propos toujours plus racistes, homophobes et antiféministes. Dans son livre pamphlet Un cri dans le silence, paru en 2003, elle écrivait notamment, entre autres saillies sur les «clandestins» qui «prennent d’assaut nos églises pour les transformer en porcheries humaines, chiant derrière l’autel, pissant contre les colonnes, étalant leurs odeurs nauséabondes sous les voûtes sacrées des chœurs» ou les homosexuels «lopettes de bas étage» : «Alors que chez les animaux, la race atteint des sommets de vigilance extrême, les bâtards étant considérés comme des résidus, bons à laisser pourrir dans les fourrières, ou à crever sans compassion d’aucune sorte, nous voilà réduits à tirer une fierté politiquement correcte à nous mélanger, à brasser nos gênes, à faire allégeance de nos souches afin de laisser croiser à jamais nos descendances par des prédominances laïques ou religieuses fanatiquement issues de nos antagonismes les plus viscéraux. C’est extrêmement dommage.» Les hommages qui pleuvent ont tendance à l’oublier.

L'édito de Didier Péron

Le 28/12 à 14H32

Les macronistes saluent une icône dépolitisée

Silence poli sur les saillies racistes et l’engagement à l’extrême droite de Brigitte Bardot. Après Emmanuel Macron, qui a assuré pleurer «une légende du siècle», Yaël Braun-Pivet a elle aussi rendu hommage à l’actrice. «De ses rôles à l’écran à son engagement pour la cause animale, elle a imposé une figure de liberté singulière, devenue emblématique du rayonnement culturel français», s’est émue la présidente de l’Assemblée. Le président de Renaissance, Gabriel Attal, a quant à lui salué une «grande actrice, première personnalité à donner ses traits au buste de Marianne, défenseuse acharnée de la cause animale», qui a «vécu mille vies – toujours avec la même passion et le même talent». «Brigitte Bardot nous a profondément marqué par son talent, sa liberté et son engagement pour la cause animale», a déclaré une autre ancienne première ministre, Elisabeth Borne. Aurore Bergé a quant à elle salué «une beauté insolente» et «une liberté totale».

Le 28/12 à 13H53

Brigitte Bardot était «un ange pour les animaux», salue l'association Peta

L’actrice française était «une porte-parole de toutes les espèces», a rendu hommage la fondatrice de l’association Peta, Ingrid Newkirk, après la mort de BB ce dimanche. Brigitte Bardot avait renoncé au cinéma en 1973 pour se consacrer entièrement au combat de sa vie, la cause animale. «De ses pigeons sauvés à Saint-Tropez à ses chiens bien-aimés, Brigitte manquera à Peta», a écrit dans un communiqué la fondatrice de cette association de défense des animaux. Elle était «un ange pour les animaux» et «s’est battue, y compris devant les tribunaux, pour tous les protéger», a-t-elle poursuivi.

Le 28/12 à 13H41

«Une femme libre et anticonfirmiste», salue l'italien Matteo Salvini

Les hommages affluent en France, mais aussi depuis l’international. Après la mort de l’actrice française Brigitte Bardot, Matteo Salvini, numéro deux du gouvernement italien, rend hommage à une «étoile intemporelle, mais surtout une femme libre, anticonformiste, icône de combats courageux pour la défense de nos traditions». Le secrétaire général de la Ligue du Nord, parti politique populiste et xénophobe, lui souhaite «un bon voyage», avant de lui envoyer «une prière».

Le 28/12 à 13H05

Bardot et Monroe, deux parcours similaires

Brigitte Bardot, première personnalité à avoir prêté ses traits au buste de Marianne, fut une sorte de Marilyn Monroe à la française, comme elle blonde, à la beauté explosive et à la vie privée tumultueuse, poursuivie par les paparazzi. BB, Marilyn, «je suis sûr que leur deux étoiles forment le plus beau duo du ciel», a salué Francis Huster, qui avait tourné avec Bardot en 1973, pour l’Agence France Presse. Marilyn était «une femme qui a été exploitée, que personne n’a compris, qui en est morte du reste», se souvenait Bardot, qui l’avait rencontrée en 1956. Une erreur qu’elle ne reproduira pas en prenant la tangente à 39 ans, laissant derrière elle une cinquantaine de films et deux scènes entrées au panthéon du 7e art : un mambo enfiévré dans un restaurant de Saint-Tropez (Et Dieu… créa la femme, en 1956) et un monologue où elle énumérait, nue, les différentes parties de son corps, en ouverture du Mépris (1963).

Le 28/12 à 12H50

«Ca a été la plus belle femme du monde, et ça le reste», déclare Pierre Arditi

Lui aussi pleure BB. Pierre Arditi, acteur et ami de l’icône du cinéma, salue au micro de BFMTV cette femme «d’une beauté magnifique», et une «actrice formidable». «Ce n’est pas une des plus belles femmes du monde, ça a été la plus belle femme du monde, et ça le reste», ajoute le comédien, qui assure que «les gens qu’on aime ne meurent jamais». «Je sais bien qu’elle a été très critiquée pour s’être intéressée à ce point aux animaux, mais si elle l’a fait c’est parce qu’elle a été très déçue par les hommes, tous les hommes», a-t-il poursuivi.

Le 28/12 à 12H38

La SPA salue «l'engagement indéfectible» de Brigitte Bardot

Les hommages continuent d’affluer. La Société Protectrice des Animaux salue ce dimanche «l’engagement sans faille» de Brigitte Bardot, cette passionnée de la cause animale qui a «consacré sa vie à défendre ceux qui n’ont pas de voix». Un combat qui «a permis de faire évoluer les consciences et d’obtenir de grandes avancées pour la protection animale». «À nos côtés, elle avait inauguré l’ancien refuge SPA de Gennevilliers en 1973 et participé à de nombreuses actions de sensibilisation, ajoute la SPA. Merci, B.B., pour tout ce que vous avez accompli.»

Le 28/12 à 12H28

Brigitte Bardot, une longue proximité avec l'extrême droite

Brigitte Bardot, décédée ce dimanche à 91 ans, a longtemps flirté avec le Front national, tout en assurant que ses choix politiques étaient avant tout dictés par la cause animale. En 1996, dans sa biographie Initiales B.B., elle rendait notamment hommage à Jean-Marie Le Pen, «un homme charmant, intelligent, révolté comme moi par certaines choses» et ne cachait pas partager les idées du fondateur du FN (devenu Rassemblement National) contre «la poussée terrifiante de l’immigration». En 2012, BB appelait les maires de France à apporter leurs parrainages à Marine Le Pen, candidate à la présidentielle, et annonçait voter pour cette «femme admirable». Avant la présidentielle de 2017, elle affirmait encore : «Marine Le Pen, je l’aime beaucoup et depuis longtemps».

Le 28/12 à 12H22

Dati salue une «icône parmi les icônes»

Brigitte Bardot, «inlassable défenseuse de la cause animale», était «une légende qui aura contribué à façonner nos imaginaires, sans jamais s’y laisser enfermer cependant», a salué dimanche la ministre de la Culture Rachida Dati. L’actrice, décédée ce dimanche à 91 ans, était une «icône parmi les icônes», «follement libre et tellement française finalement», a-t-elle ajouté dans un message assorti d’une vidéo immortalisant le mambo enfiévré de B.B dans Et Dieu… créa la femme (1956).

Le 28/12 à 12H10

L'édito de Didier Péron

Idole lumineuse, amie des bêtes, furie d’extrême droite… L’actrice aura autant fasciné que déçu, mêlant son aura quasi mythique à ses combats et ses dérives.

Le 28/12 à 12H01

Bardot «était incroyablement française : libre, indomptable, entière», salue Le Pen

Brigitte Bardot, qui prêta ses traits à la Marianne républicaine dans les années 1960 et qui se revendiquait «conservatrice» en politique et «patriote», était une «femme qui fit le choix de rompre avec une carrière incroyable pour se consacrer aux animaux qu’elle défendit jusqu’à son dernier souffle avec une énergie et un amour inépuisable», réagit Marine le Pen sur X, après l’annonce du décès de l’actrice. «Le départ de Brigitte est un chagrin immense. La France perd une femme exceptionnelle, par son talent, son courage, sa franchise, sa beauté, ajoute la cheffe de file du RN. Elle était incroyablement française : libre, indomptable, entière. Elle va énormément nous manquer.»

Dans son autobiographie parue en 2025, Brigitte Bardot, proche des idées d’extrême droite, considérait la droite comme le «seul remède urgentissime à l’agonie de la France». En 1996, dans un précédent ouvrage, elle rendait hommage à Jean-Marie Le Pen et évoquait «la poussée terrifiante de l’immigration».

Le 28/12 à 11H57

Le dessin de Coco

Le 28/12 à 11H46

«Nous pleurons une légende du siècle», réagit Emmanuel Macron

«Ses films, sa voix, sa gloire éblouissante, ses initiales, ses chagrins, sa passion généreuse pour les animaux, son visage devenu Marianne, Brigitte Bardot incarnait une vie de liberté», a salué sur X le président français. Et d’ajouter : «Existence française, éclat universel. Elle nous touchait. Nous pleurons une légende du siècle».

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