En résumé :
- Emmanuel Macron a dévoilé ce jeudi à Varces (Isère) un nouveau service militaire volontaire censé répondre aux besoins des armées, au moment où l’exécutif et l’état-major mettent en garde contre les menaces russes.
- Ce «service national» débutera à partir de «l’été prochain». Sur la base du volontariat et pour une durée de «dix mois», il sera destiné aux jeunes de 18 à 19 ans, qui resteront «uniquement» sur le territoire français, a assuré le président de la République.
- La première promotion de cette «formation purement militaire» devrait accueillir 3 000 jeunes à l’été 2026, avec un objectif de 10 000 jeunes en 2030 puis de 50 000 en 2035, a chiffré Emmanuel Macron.
- La semaine dernière, le chef d’état-major des armées avait suscité la colère de diverses formations politiques en affirmant devant le Congrès des maires de France qu’il manquait au pays «la force d’âme pour accepter de nous faire mal pour protéger ce que l’on est», et que «si notre pays flanche parce qu’il n’est pas prêt à accepter de perdre ses enfants, alors on est en risque».
Louis Boyard dénonce le manque de projet d'Emmanuel Macron pour la jeunesse
Depuis l’annonce d’Emmanuel Macron, les réactions se font rares. Sur X, Louis Boyard critique surtout le manque de vision du président pour la jeunesse. «Macron annonce un service militaire volontaire. Voilà quel aura été son seul projet pour la jeunesse. L’école ? L’emploi ? La précarité ? Les apprentis ? L’université ? Le climat ? Rien, raille le député Insoumis. Les budgets sont partis dans son service militaire. Dans cette guerre dont les jeunes ne veulent pas.»
Les armées, de la gendarmerie nationale, des sapeurs-pompiers de Paris ou les marins-pompiers de Marseille…
La plupart des jeunes volontaires effectueront leur service au sein des armées, mais ils pourront aussi, a précisé Emmanuel Macron, «exprimer le souhait en 2027», donc à partir de la deuxième fournée, «d’effectuer leur service national au sein de la gendarmerie nationale, de la brigade des sapeurs-pompiers de Paris et du bataillon des marins-pompiers de Marseille, qui sont également sous statut militaire».
Pour «éviter le danger» il faut «s'y préparer», affirme Macron
Le président Emmanuel Macron a estimé jeudi que «la seule façon» d’éviter «le danger» était de «s’y préparer» plutôt que d’alimenter «la peur», dans le contexte de la menace russe. «Dans ce monde incertain où la force prime sur le droit et la guerre se conjugue au présent, notre Nation n’a le droit ni à la peur ni à la panique ni à l’impréparation ni à la division», a affirmé le chef de l’Etat.
Emmanuel Macron vise un «modèle hybride d’armée»
Sur la base militaire de Varces, Emmanuel Macron a promis ce jeudi qu’il ne souhaite pas «revenir au temps de la conscription». «Mais nous avons besoin de mobilisation, de mobilisation de la Nation pour se défendre, pas contre tel ou tel ennemi, mais pour se tenir prête et être respectée.» Au milieu d’un gloubi-boulga de slogans mi-pubards mi-martiaux («donner une nouvelle épaisseur aux armées et à la jeunesse», «diffuser l’esprit de défense», «endurcir l’esprit de résistance»), le Président affirme avoir pour objectif la mise en place d’un «modèle hybride d’armée qui correspond aux menaces et aux risques qui sont devant nous».
Des rémunérations de 800 euros pour les volontaires nourris, logés et blanchis
Concrètement, «la ministre des Armées aura l’occasion de préciser les conditions dans lesquelles les candidatures pourront être déposées à compter de mi-janvier 2026». Les armées choisiront ensuite parmi les volontaires «les plus motivés et ceux qui répondent le mieux à leurs besoins», qui serviront «sous statut militaire» et avec «un uniforme» qui sera fourni, a ajouté Emmanuel Macron. Après la fin de l’intervention du chef de l’Etat, l’Elysée a précisé à l’AFP que les volontaires seraient rémunérés 800 euros par mois minimum, hébergés, nourris et équipés.
Jusqu'à 50 000 jeunes à terme
A quoi ressemblera ce nouveau service militaire ? «Ce service national ne peut avoir du sens que s’il a de l’ampleur», a ajouté le Président, évoquant une première promo de 3 000 jeunes à l’été 2026, et un objectif de 10 000 jeunes en 2030 puis de 50 000 en 2035, «à adapter en fonction de l’évolution de la menace». Avant ça, il faudra «commencer à construire des infrastructures» destinées à les accueillir.
«Un objectif militaire et politique», selon Emmanuel Macron
Selon le chef de l’Etat, ce nouveau service national s’inspire des pratiques «de nos partenaires européens, en particulier de la Norvège». «L’objectif que nous poursuivons est un objectif militaire et politique, a-t-il poursuivi. A l’heure où tous nos alliés européens avancent face à une menace qui pèse sur nous tous. La France ne peut demeurer immobile.»
Les contours du «nouveau service national» précisés
Ainsi, a ajouté Emmanuel Macron, pour «conforter la cohésion au sein d’une classe d’âge», ce «nouveau service national purement militaire sans être universel» s’adressera aux jeunes âgés de 18 à 19 ans qui auront exprimé leur volontariat lors de la Journée défense et citoyenneté, qui deviendra «Journée de mobilisation». Ce dispositif devrait durer dix mois, «ce qui correspond à une année de césure». Les jeunes serviront «sur le territoire national et uniquement sur le territoire national». Après le service, ils pourront intégrer des études ou des professions civiles tout en rejoignant la réserve opérationnelle. En cas de crise majeure, a ajouté le Président, «le Parlement pourra décider de faire appel à ceux dont les compétences ont été repérées durant cette journée de mobilisation».
Emmanuel Macron annonce un «nouveau service national dès l'été prochain»
A son arrivée à Varces, dans le Vercors, Emmanuel Macron, a affirmé que «notre jeunesse a soif de liberté et d’engagement» et est «prête à se lever pour la patrie». «Nous avons besoin de mobilisation pour se défendre», a ajouté le chef de l’Etat, avant d’annoncer l’institution «d’un nouveau service national progressivement dès l’été prochain».
Analyse
Le Président devrait proposer ce jeudi un coûteux «service national volontaire», ouvert à quelques milliers de jeunes majeurs à partir de septembre 2026, mais c’est oublier qu’il existe déjà plusieurs offres pour les jeunes qui souhaitent servir dans l’armée. Retrouvez l’article de notre spécialiste.
Macron attendu pour un discours dans le Vercors
Le Président est attendu en fin de matinée auprès de la 27e Brigade d’infanterie de montagne (BIM) de Varces, dans le Vercors, où il doit prononcer un discours sur le service militaire obligatoire. Le dispositif signera l’enterrement du service national universel (SNU) qui lui était cher. Le nouveau service national va naître en temps de grave disette budgétaire, alors qu’il faudra héberger, équiper et encadrer les jeunes recrues. Son émergence sera donc «phasée dans le temps», dit un conseiller du chef de l’Etat, promettant un projet «réaliste» qui «tient compte de l’état de nos disponibilités aujourd’hui».



