«C’est sale hein ? Revenez-donc ce week-end, ça sera pire !» Il est 9 heures à peine ce jour-là, à Périgueux, préfecture de la Dordogne de 29 000 habitants, et déjà un monticule de poubelles noires prend forme sur la place Saint-Martin, face à l’église. Le sourire aux lèvres, mais visiblement agacé par la situation, un homme d’une quarantaine d’années fait mine de se pincer le nez, puis se fraie un chemin jusqu’à un conteneur métallique avec écran. Il s’apprête à jeter ses déchets ménagers, non pas au pied de l’immeuble où il réside, mais dans un point d’apport volontaire (PAV), sorte de poubelle partagée qui ne s’ouvre qu’en possession d’un badge. Dire que cette petite révolution du quotidien crispe plus d’un usager serait un euphémisme. «La communication a été lamentable. L’année dernière, du jour au lendemain, le SMD3 [le syndicat mixte chargé des déchets dans le département, ndlr] est venu prendre nos bacs, sans nous prévenir. De toute évidence, ce n’est pas une franche réussite, au moins c’est la fête pour les rats et les asticots», ricane-t-il, en rebroussant chemin.
Aériens, semi-enterrés, enterrés… Depuis 2016, les PAV fleurissent dans tout le dépa




