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En France, un écart de pensions de retraite entre les hommes et les femmes supérieur à la moyenne de l’OCDE

L’organisation relie ce jeudi 27 novembre l’écart de 27 % à la structure du système de retraites français, désavantageux pour les femmes à cause d’inégalités salariales qui persistent.

Des manifestants lors d'une grève intersyndicale contre l'austérité, le 13 octobre 2023, à Paris. (Laure Boyer/Hans Lucas. AFP)
Publié le 27/11/2025 à 17h57, mis à jour le 27/11/2025 à 17h58

Dans tous les pays de l’OCDE, les femmes perçoivent des pensions de retraite «en moyenne nettement plus faibles que les hommes», pointe le «Panorama des pensions 2025» publié ce jeudi 27 novembre par l’institution. Et par rapport à l’écart moyen déjà significatif de 23 %, la France monte à 27 %, faisant d’elle un des mauvais élèves de l’Organisation de coopération et de développement économiques en termes d’égalité de régime de retraite.

D’une manière générale, dans tous les pays de l’OCDE, les écarts de retraites entre les hommes et les femmes sont principalement liés aux inégalités salariales qui persistent et aux périodes de maternité qui pèsent encore sur la progression de carrière des femmes. Elles ont globalement des salaires horaires plus faibles, aussi parce qu’elles sont surreprésentées dans les métiers les moins rémunérés. Par ailleurs, elles ont tendance à faire plus de temps partiel et à avoir une durée de carrière inférieure à celle des hommes.

Parmi les pays les plus inégalitaires figurent l’Autriche, le Mexique, les Pays-Bas et le Royaume-Uni avec des écarts moyens de plus de 35 %. A l’inverse, chez les pays les plus égalitaires comme la République tchèque, l’Estonie, l’Islande, la Slovaquie et la Slovénie, les écarts sont inférieurs à 10 %. Et tout en bas du tableau il y a le Japon, où l’écart est de 47 %.

Un écart français dû à la «structure du système des retraites»

Avec ses 27 % d’écart moyen entre les femmes et les hommes, la France se situe donc au-dessus de la moyenne alors même qu’elle a tendance à mieux faire que les autres pays de l’OCDE sur certains points. L’Hexagone protège notamment bien la «retraite des mères», qui accorde aux femmes des trimestres supplémentaires de pension de retraite par enfant à charge, souligne l’institution.

Pour expliquer l’écart élevé, qui peut donc paraître surprenant, l’OCDE pointe la structure même du système de retraite français. Il accorde en effet une «importance spécifique à la durée de cotisation», indique l’organisation : ainsi, puisque les femmes ont tendance à faire plus de temps partiel et à avoir une carrière plus courte que celle des hommes, elles auraient plus souvent une décote au moment de leur départ à la retraite – à savoir une réduction du taux de pension de base, lorsque les salariés n’ont pas validé le nombre de trimestres requis pour avoir le maximum.

Selon l’OCDE, l’écart français est également dû au principe de retraite complémentaire Agirc-Arrco. Il octroie des droits à pension très élevés, pouvant atteindre jusqu’à huit fois le plafond de la Sécurité sociale, et permet aux salariés les mieux payés de davantage cotiser pendant leur carrière et, de fait, de bénéficier d’une pension de retraite élevée. Or les salariés les mieux payés étant souvent des hommes, les femmes bénéficient moins de ce régime de retraite complémentaire. Cette situation n’existe pas dans beaucoup d’autres pays, où les droits à pension sont plafonnés plus strictement.

Le rapport adresse tout de même un petit satisfecit à la France pour la manière «spectaculaire» dont elle a fait progresser le taux d’emploi des 60-64 ans depuis 2000 (42 % pour les femmes comme pour les hommes en France). Mais il reste malgré tout encore «très en deçà de la moyenne européenne OCDE de 49 % pour les femmes et 64 % pour les hommes».

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