Il reste à peine vingt minutes avant la sonnerie du déjeuner, mais les CM2 de l’école publique Jules-Michelet, à Cenon (Gironde), ne pensent pas une seconde à leur plateau-repas. A peine un pied posé dans la classe, on devine que le projet «Vivre ensemble», porté par la mairie, a laissé une empreinte solide sur le groupe. Ce lundi 8 décembre, veille de la célébration du 120e anniversaire de la loi de laïcité de 1905, les bras se lèvent, s’agitent, insistent. Les souvenirs débordent : une porte d’église franchie timidement, une rangée de chaussures à l’entrée d’une mosquée, une croix massive qui impressionne les plus petits…
Chacun veut raconter son moment, son étonnement. Ils se souviennent de l’expérience comme d’une cour de récré agrandie où l’on découvre que «croire», «ne pas croire», et «comprendre» peuvent entrer dans la même phrase. «C’est pas parce qu’on a des croyances différentes qu’on ne peut pas être amis. On ne doit pas se forcer les uns les autres à changer pour être acceptés», résume Ediz, 10 ans.
«Réponse éducative et citoyenne»
Avec ses camarades, il fait partie des 700 élèves – de CM2 ou cinquième – qui ont pris part, depuis la rentrée de se




