A dossier original, audience singulière et réquisitoire inédit. Au troisième jour du procès des déboulonneurs de statue, vendredi 7 novembre au tribunal correctionnel de Fort-de-France, le ministère public a tenté de ramener dans le giron du droit commun un procès historique transformé en tribune politique.
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Dans une remarquable solitude, en l’absence de parties civiles, la procureure a résumé ces journées d’audience marquées par de vives tensions, dont elle a été tour à tour la cible ou l’instigatrice. Elle les a entendus, ces dix-neuf témoins qui, durant toute la journée du 6 novembre, ont affirmé leur soutien aux onze prévenus. Historiens, militants, élus… «Ces jeunes sont peut-être l’avant-garde d’une prise de conscience», a affirmé David Zobda, le maire autonomiste du Lamentin, venu rappeler sa décision de «déposer le buste de Schoelcher [qui ornait l’esplanade de l’ancienne mairie, ndlr] à la suite de deux ans d’agitation et de prise de position marquées». «Pourquoi ne portez-vous pas cette demande devant les parlementaires ?» insiste la procureure.
«Pas digne»
Mais qu’il s’agisse des prévenus, de leurs avocats ou des témoins que ces derniers ont fait citer, le temps des demandes formelles n’est plus. A eux tous, ils ont déroulé de précis éléments de contexte, rappelant la résilience des peuples antillais malgré le traumatisme intergénérationnel de l’esclavage, l’affront que constitue ce que beaucoup appellent le révisionnisme de la France, la persistance




