Déroulé à voix basse, son discours impose le respect aux jeunes qui l’entourent. «On essaie d’avancer, on reste au QG pour s’occuper.» Boucles noires et barbe fournie, Dylan, 30 ans, est l’un des aînés du campement planté sur le macadam des tours de Magenta, à Nouméa. Concentré de pauvreté et de déclassement social, la cité HLM construite au début des années 70 pour loger 3 000 habitants, aujourd’hui en majorité kanak et océaniens, a été l’un des épicentres des émeutes du 13 mai dans la capitale de la Nouvelle-Calédonie. Ces violences, qui ont atteint leur paroxysme durant les deux premières semaines, ont connu des répliques. Dans la nuit du 23 au 24 juin, l’antenne de la police municipale de Magenta, des commerces et des véhicules ont été ravagés par les flammes en réponse à l’incarcération en métropole de militants indépendantistes. Depuis le 19 septembre, de fortes détonations ont été entendues le soir dans le quartier, après la mort de deux jeunes hommes dans la tribu de Saint-Louis, en périphérie de Nouméa.
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En Nouvelle-Calédonie, «nous voulons que le soleil se lève pour tout le monde»
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Alors que ce mardi 24 septembre marque les 171 ans de la colonisation française de l’archipel, «Libé» a rencontré Kanak, «Métros» et «Caldoches» secoués par les violences du printemps. Malgré la crise économique et des tensions encore vives, les habitants espèrent un avenir commun plus juste et désirable.
Des habitantes de Thio traversent le pont à l’entrée du village, où un militant indépendantiste a été abattu par les gendarmes le 15 août. (Theo Rouby/Hans Lucas pour Libération)
Publié le 23/09/2024 à 20h39
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