Près de 300 victimes, d’une moyenne d’âge de 11 ans, violés ou agressés après avoir été anesthésiés : l’affaire de l’ex-chirurgien Joël Le Scouarnec condamné à vingt-et-un ans de prison en 2025, est bien évidemment hors norme. Mais, si elle ne prend pas toujours des proportions si dramatiques, la soumission chimique d’enfants n’est pas exceptionnelle. La mise en examen mardi 3 février à Lille de dix hommes pour le viol d’un enfant de 5 ans après lui avoir fait prendre de la 3-MMC, est venue le rappeler. C’est aussi ce que tient à souligner la docteure en pharmacie Leïla Chaouachi autrice l’ouvrage Soumission chimique, pour en finir avec les idées reçues, sorti le 4 février aux éditions JC Lattès.
Quelle est l’ampleur de la soumission chimique infantile en France ?
La première alarme de santé publique sur la soumission chimique en 1982 concernait des mineurs : la médecin légiste Jacqueline Jouglard avait identifié des enfants en état de léthargie. Ces «enfants chimiquement battus» n’étaient pas frappés par des coups mais assommés avec des




