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Siège de la Fondation Œuvre de la Croix Saint-Simon, dans le XIXe arrondissement de Paris, le 12 décembre 2025.Siège de la Fondation Œuvre de la Croix Saint-Simon, dans le XIXe arrondissement de Paris, le 12 décembre 2025. (Denis Allard/Libération)
Enquête

Crèches, Ehpad, centres de santé… A la Fondation Œuvre de la Croix Saint-Simon, une lourde dérive entre «fautes de gestion» et «opacité»

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L’institution reconnue d’utilité publique est en proie à une déroute manifeste, malgré des alertes répétées sur de graves dysfonctionnements, témoignent des cadres dirigeants et salariés à «Libé». Un signalement au procureur de la République doit être déposé cette semaine. Le préjudice est estimé à des centaines de milliers d’euros d’argent public.
publié le 16 décembre 2025 à 10h48

Pour les familles parisiennes, c’est une institution. La Fondation Œuvre de la Croix Saint-Simon (Focss), 120 ans d’âge, gère une trentaine de crèches, deux centres de santé, deux Ehpad, un service d’accompagnement à domicile pour les personnes âgées, un autre pour adultes handicapés. Des structures innovantes aussi comme l’hôpital mère-enfant de l’Est parisien, pensé, entre autres, pour tricoter des liens abîmés à la naissance. Au total, 1 680 salariés à ce jour sont engagés et fiers de travailler dans une structure laïque à but non lucratif. Juridiquement, la Focss est en effet une fondation reconnue d’utilité publique. Aux antipodes donc des fonds spéculatifs qui investissent dans les services publics pour maximiser la rentabilité en taillant sur les coûts.

Dans les archives du début du XXe siècle, la fondatrice, l’infirmière Marie de Miribel, en blouse blanche, répétait son souhait d’aider les plus démunis. Aujourd’hui, ses descendants siègent au conseil d’administration. La belle image s’arrête là. La Focss est en redressement judiciaire depuis le 5 novembre. Un signalement devrait être déposé sur le bureau du procureur de la République cette semaine. Les élus du personnel dénoncent notamment des «fautes de gestion» et une «opacité», selon leur avocate Lara Ayache.

La panade financière de la fondation ne serait qu’un fil d’une pelote bien épaisse et emmêlée. Où il est question de suspicions d’arnaque à la Sécurité sociale, mais aussi de dysfonctionnements in

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