
Crèches, Ehpad, centres de santé… A la Fondation Œuvre de la Croix Saint-Simon, une lourde dérive entre «fautes de gestion» et «opacité»
Pour les familles parisiennes, c’est une institution. La Fondation Œuvre de la Croix Saint-Simon (Focss), 120 ans d’âge, gère une trentaine de crèches, deux centres de santé, deux Ehpad, un service d’accompagnement à domicile pour les personnes âgées, un autre pour adultes handicapés. Des structures innovantes aussi comme l’hôpital mère-enfant de l’Est parisien, pensé, entre autres, pour tricoter des liens abîmés à la naissance. Au total, 1 680 salariés à ce jour sont engagés et fiers de travailler dans une structure laïque à but non lucratif. Juridiquement, la Focss est en effet une fondation reconnue d’utilité publique. Aux antipodes donc des fonds spéculatifs qui investissent dans les services publics pour maximiser la rentabilité en taillant sur les coûts.
Dans les archives du début du XXe siècle, la fondatrice, l’infirmière Marie de Miribel, en blouse blanche, répétait son souhait d’aider les plus démunis. Aujourd’hui, ses descendants siègent au conseil d’administration. La belle image s’arrête là. La Focss est en redressement judiciaire depuis le 5 novembre. Un signalement devrait être déposé sur le bureau du procureur de la République cette semaine. Les élus du personnel dénoncent notamment des «fautes de gestion» et une «opacité», selon leur avocate Lara Ayache.
La panade financière de la fondation ne serait qu’un fil d’une pelote bien épaisse et emmêlée. Où il est question de suspicions d’arnaque à la Sécurité sociale, mais aussi de dysfonctionnements in