Sauvé de justesse. Le tribunal administratif de Lyon s’est prononcé en urgence ce jeudi 11 novembre contre l’interdiction émise la veille par la préfecture du Rhône d’interdire pour des risques de «troubles à l’ordre public» des concerts de groupes aux textes hostiles à la police, prévus cette semaine lors du festival antifasciste Lyon Antifa Fest, qui se tient à Villeurbanne, près de Lyon.
«Le délibéré nous autorise à maintenir nos deux soirées […], seule la lutte paye, à jamais antifascistes !» ont écrit les organisateurs sur Instagram à quelques heures du premier concert à Villeurbanne, ce jeudi soir. «Nous prenons acte de la décision du tribunal administratif et nous serons vigilants quant aux propos qui seront tenus au cours du festival», a réagi dans un communiqué la préfecture du Rhône. En novembre, l’événement avait été pris pour cible par l’extrême droite, notamment par la députée RN du Rhône Tiffany Joncour, qui s’était émue à l’Assemblée nationale que cet événement, «présenté comme un festival culturel», se «revendique ouvertement antifasciste», et avait appelé à l’interdire.
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L’arrêté concernait plusieurs groupes de punk rock et de rap, «coutumiers de propos «antisystème» et «antipolice» tels que Poésie Zéro, Costa, L’Allemand, ou Da Uzi», indique l’arrêté consulté par l’AFP. «Ce festival peut être un catalyseur de plusieurs agissements violents et de troubles graves à l’ordre public lors d’affrontements», s’était notamment justifié la préfecture, précisant qu’il existe «un antagonisme récurrent et violent entre la mouvance d’ultragauche et la mouvance d’ultradroite». «Dans ces circonstances, l’interdiction des concerts des 11, 12, et 13 décembre […] apparaît adaptée et nécessaire», soulignait-elle.
«La violence policière est partout»
La mairie de Lyon avait de son côté pris mardi un arrêté interdisant la tenue ce mercredi dans le cadre du festival d’une conférence intitulée «La Palestine : notre boussole antifasciste», à laquelle devait participer l’avocat franco palestinien Salah Hamouri. Pour justifier sa décision, la mairie a évoqué notamment «un contexte d’augmentation significative d’actes antisémites sur le territoire» et des risques de troubles à l’ordre public.
L’interdiction de la préfecture était survenue après la diffusion de messages antipolice samedi soir à Lyon lors de la Fête des lumières, revendiqués localement par le mouvement écologiste des Soulèvements de la Terre, et au sujet desquels la préfète a saisi la justice. Le public avait pu lire sur la façade du musée des Beaux-Arts des messages lumineux qui disaient notamment «La police blesse et tue», «Non à l’Etat policier», «La violence policière est partout» ou encore «Sainte-Soline, ni oubli, ni pardon» et «On dégage le RN».
Interrogé mercredi à l’Assemblée sur ces messages, le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a prévenu que «chaque fois que ces propos comme ceux-ci sont tenus, qui sont des propos qui incitent à la haine, à la discrimination ou à la violence, nous documentons et nous préparons des dossiers de dissolution. Et aucune structure n’est au-dessus des lois».




